Economie / Chute gourmande

Marc Fassone /Carlos Ghosn sera tombé comme Al Capone, sur une question de fraude fiscale.

Un parallèle savoureux.

Carlos Ghosn n’est pas le premier grand patron à tomber au champ d’honneur de ses turpitudes. Celui qui se dépeignait comme un «grand gourmand» rejoint, parmi d’autres, Martin Winterkron, victime du dieselgate; Thomas Middelhoff, ancienne vedette de Bertelsman passé au groupe de distribution Arcandor et tombé pour fraude fiscale ou encore Jay Y. Lee, héritier de Samsung, pris dans un gigantesque scandale de corruption.

Mais la morale sortira-t-elle grande gagnante de ce scandale?

Il est permis d’en douter tant les circonstances de l’affaire restent mystérieuses.

Un nombre croissant d’observateurs converge vers une théorie selon laquelle faire tomber le grand patron de Renault permettrait à Nissan – et dans une moindre mesure à Mitsubishi – de prendre des distances avec l’encombrant allié français qu’est devenu au fil des ans Renault.

Deux entreprises emblématiques reviendraient sous la bannière japonaise.

Une analyse qui n’est pas sans fondement tant les tensions entre les deux groupes se sont exacerbées ces dernières années. On peut d’ailleurs relever que si Carlos Ghosn est en train de perdre toutes ses casquettes au Japon, il reste à la tête de Renault dont le modèle et le succès économiques reposent quasi exclusivement sur son alliance avec Nissan. Et l’aspect moral dans tout cela?

Il semble être aux Japonais absents. Espérons qu’à défaut d’éveiller les consciences, l’affaire donnera aux gilets jaunes de nouveaux motifs d’indignation.