Du vent

Marie-Anne Lorgé / Comment le vent sait-il dans quel sens il doit souffler? En tout cas, sachant que ce n’est pas la mer qui fait la vague, mais le vent, le mieux, pour garder le cap, c’est de ne pas glander en attendant la réponse. Et de toutes les façons, «il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va» (Sénèque). A contrario, l’aventure a ceci de typique qu’elle peut parfaitement

mener quelqu’un par le bout de ce vent qui, précisément, ignore tout de son sens.

A l’évidence, le vent n’est qu’une girouette.

Qui charrie bien des parfums.

Le vent est aussi cela qui éteint les petits feux et allume les grands – au cœur de l’été, ça brûle toujours, ça tremble aussi! –, et qui, invisible, sauf à courir après son chapeau, s’ingénie à feuilleter les pages d’un livre à l’envers. Preuve donc qu’il ne sait pas lire. Ce qui ne l’empêche pas d’inspirer de nombreux romans – dès lors, s’il faut peu de chose pour agiter une plume, autant espérer un mistral gagnant.

Par ailleurs, «être dans le vent», ce n’est pas une question d’alizé ou de zéphyr, mais toujours est-il qu’à force d’y être, le quidam finit par attraper un rhume.

En même temps, une journée sans vent et voilà que le cerf-volant reste en plan. Or, ce qui lui permet de monter, ce n’est pas la corde, mais bien celui qui la laisse filer. C’est pourquoi le ciel des vacances en voit de toutes les couleurs…