Drôle de tempo

Xavier Bettel, Charles Michel, Lars Lokke Rasmussen, Jüri Ratas, Juha Sipilä, Mark Rutte, Miro Cerar, Andrej Babis, Andrus Ansip, Violeta Bulc, Vera Jourova, Cecilia Malmström, Margrethe Vestager, Guy Verhofstadt et Hans Van Baalen se sont retrouvés mercredi midi, le 27 juin, pour un déjeuner au château de Senningen.
L’originalité de cette auguste assemblée – même si certains noms sont peu connus du grand public – réside dans le fait qu’elle réunit autour de la même table l’élite politique libérale européenne. Les huit premiers de cette liste sont Premiers ministres et donnent le «la» puisque, officiellement, il s’agit de la réunion informelle des Premiers ministres libéraux. Les cinq suivants siègent à Bruxelles en tant que commissaires. Quant aux deux derniers, ils appartiennent à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe. Et à eux quinze, c’est toute une conception de l’Europe qu’ils défendent. Certes, à la veille d’un Conseil européen que l’on dit primordial pour l’avenir de l’Union européenne, il apparaît tout à fait normal que celles et ceux qui façonnent cette construction se préparent.
Le moment est-il pour autant bien choisi pour organiser ce qui s’apparente à une opération de communication d’envergure? Car les maux dont souffre l’Europe trouvent leurs origines dans un libéralisme qui accroît les inégalités et pousse finalement au repli sur soi, lequel devient le dénominateur commun de la construction européenne.

Jacques Hillion