Double peine

Jérôme Quiqueret / Déjà condamnés à supporter les effluves toxiques avant le passage de l’ouragan Harvey, les riverains des installations chimiques et pétrolières de la métropole du pétrole qu’est Houston (un quart de la capacité de raffinement des Etats-Unis) ont été les premiers exposés au rejet de polluants causé par l’arrêt des installations qu’ils côtoient, tandis que leur quartier était inondé. Ce sont ainsi pas moins de 3.000 tonnes de polluants qui auraient été rejetées dans l’air au Texas suite au passage d’Harvey, selon le Center for Biological Diversity.

Les personnes habitant à côté des sites industriels, dans ces parties basses de la ville, sont des personnes à faibles revenus et issues des minorités (afro-américaine, hispanique). «Le code postal et l’origine ethnique déterminent qui portera le fardeau du changement climatique», a dénoncé, au micro du média indépendant Democracy Now, Robert Bullard, théoricien de la justice environnementale. L’ouragan Harvey et le réchauffement climatique exacerbent et aggravent les inégalités qui existaient déjà avant ces phénomènes, dit-il, n’hésitant pas à parler de «racisme environnemental». On pourrait également assister à un prolongement de ce racisme dans la politique de reconstruction, déjà constaté à La Nouvelle-
Orléans, si ces politiques ne permettaient pas à ces communautés de se reconstituer, dans leur ancien quartier, avec les protections idoines.