Le dollar reste fort à court terme / Vu des marches

La semaine dernière, le dollar américain a franchi le seuil de 1,13 par rapport à l’euro. Depuis, on est revenu à un niveau proche de 1,1450. Toutefois, en franchissant ce seuil de 1,13, le billet vert a ouvert la voie à d’autres gains à court terme. Les données américaines actuelles, qui laissent entrevoir de nouvelles hausses de taux de la part de la Réserve fédérale, contrastent fortement avec les données décevantes qui émanent de la zone euro.

En conséquence, l’écart de rendement entre les obligations américaines et allemandes à court terme continue de grimper, ce qui est favorable au billet vert.

Parallèlement, le prix du pétrole est retombé à des niveaux nettement inférieurs, ce qui pourrait indiquer une baisse des taux d’inflation globale. Ce phénomène pourrait influencer la manière dont la Banque centrale européenne envisage l’avenir de sa politique monétaire.

Au final, il est fort possible que la marge de progression du dollar américain soit supérieure à celle de l’euro. Toutefois, du point de vue des fondamentaux, le dollar américain est tout sauf bon marché par rapport à l’euro et laisse entrevoir une montée en flèche du double déficit.

En effet, le déficit public des États-Unis se creuse pour atteindre et dépasser les 4 % du PIB, tandis que le déficit de sa balance courante ne diminue pas, en dépit des discours et des actions prises par le président Trump. Dans la mesure où la croissance relative des États-Unis dépasse celle des autres pays, leurs importations continuent d’augmenter par rapport à leurs exportations. La valorisation du dollar n’y changera rien. Les exportations nettes pourraient donc avoir des répercussions sur la croissance.

Par ailleurs, la hausse du dollar risque de nuire davantage aux marges bénéficiaires des exportateurs américains, ce qui aura pour effet de réduire leurs dépenses.

Face au renchérissement du dollar, les investisseurs étrangers pourraient commencer à se détourner des obligations américaines.

Si cela se produisait, le financement du double déficit incomberait aux investisseurs américains. Davantage de capitaux devraient alors être consacrés aux obligations américaines, au détriment des placements en actions et des placements plus productifs. L’épargne devrait se tourner vers les obligations plutôt que d’être utilisée à des fins de consommation et la croissance marquerait un coup d’arrêt.

Il est difficile de savoir avec précision quand ces évènements pourraient survenir, mais il ne fait aucun doute que les mesures prises par le gouvernement actuel ont eu pour effet de concentrer la croissance future en début de période et d’aggraver la situation en matière d’endettement.

Pour le moment, à court terme, le billet vert a le vent en poupe mais, à plus long terme, les déséquilibres mettront fin à ce rebond.

Stefan Van Geyt

KBL European Private Bankers