Dissonances/ A droite de la droite

L’offre ultradroitière française est riche et diverse.
Faites votre choix!

Jean-Louis Schlesser  / Chez nos amis français, après l’électrochoc de l’éventualité d’une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2017, le succès de l’ex-FN aux élections législatives fut modeste: huit élus provenant majoritairement de la région Hauts-de-France.

C’est trop, mais, convenons-en, c’est également très peu. Il n’y a que deux femmes – à part Marine, Emmanuelle Ménard, l’épouse de Robert Ménard, maire de Béziers. Ces députés de l’extrême droite sont des gens sans relief et sans envergure, des petites mains de l’autoritarisme, de la xénophobie, du complotisme, avec la possible exception de l’avocat Gilbert Collard, homme plus habile et plus disert, profession oblige. Pas assez, assurément, pour renverser le «système», pour mettre un terme à la mainmise d’une clique de pourris qui se partagent le pouvoir depuis des décennies, vendent leur pays aux Rothschild, aux juifs, le mènent à l’abattoir à Bruxelles et invitent les bougnoules à venir s’installer dans nos villes et nos campagnes pour manger notre pain, et, rassasiés, violer nos femmes et nos filles.

La représentation de l’ex-FN au palais Bourbon relève de la partie émergée de l’iceberg français de l’extrême droite.

La partie immergée est d’une richesse étonnante. Elle regroupe des hommes politiques, des intellectuels, des activistes idéologiques et religieux, des fraternités de casseurs et de skinheads, des clubs et des associations, des médias, la plupart numériques, des auteurs, certains à succès, des théoriciens du complot, des paranoïaques cliniques.

Malgré ce foisonnement, ce qui rassemble ce beau monde est plus important que ce qui le sépare. Le cadre posé, la richesse intellectuelle, la diversité de l’offre, les nuances subtiles devraient satisfaire le candidat à une option ultradroitière le plus exigeant.

En voulant mettre quelques protagonistes en avant, il n’est pas facile de faire une sélection. Jean-Marie étant un retraité maintenant, il faut sans doute appeler au podium Nicolas Dupont-Aignan pour lui remettre la palme d’or de l’invective médiatique grossière. Il est dommage qu’on eût dû se passer de Philippe de Villiers pendant de longues années. Ouf! Avec la sortie de son nouveau livre, il sera de nouveau parmi nous, dans les studios et sur les plateaux et ce ne sera que du bonheur! Avec Eric Zemmour, un repris de justice (condamné deux fois pour injures racistes et incitation à la haine raciale) que tous les Français connaissent, nous savons que l’intolérance, le rejet de l’autre, le racisme primaire sont en de bonnes mains. Ceux qui ont soif de délires sont sans doute en manque d’Alain Soral, qui adore se faire détester, fait de son mieux pour être un salaud et y réussit. J’oubliais de dire qu’il est homophobe et antisémite. On a envie de le voir et de l’écouter plus souvent, Soral. Espérons que Marion Maréchal-Le Pen sortira au moment opportun de sa retraite anticipée, qu’elle sera telle qu’on l’a laissée il y a deux ans, prête à reprendre sa lutte pour la conquête des esprits avant d’entamer celle pour le pouvoir politique.

Revenu dans notre beau pays, le Luxembourg, je considère l’offre: Fernand Kartheiser, Joé Thein, Roy Reding, Gast Gibéryen, Fred Keup…? D’accord, c’est un bon début, mais il va falloir faire des efforts, les gars!