Dijon: le retour aux sources de Yan Pei-Ming

French-Chinese artist Yan Pei-Ming

Entre peintures historiques et tableaux plus personnels, la star de la peinture contemporaine Yan Pei-Ming sera le premier invité du musée rénové des Beaux-Arts de Dijon, avec une exposition intitulée « L’homme qui pleure ».

« Je connais parfaitement ce musée. Je suis attaché à Dijon car c’est une ville à taille humaine, qui compte énormément pour moi », confie Yan Pei-Ming. Si l’artiste franco-chinois est né en 1960 à Shanghai, la Bourgogne est bien sa deuxième maison: venu y étudier la peinture lorsqu’il avait à peine vingt ans, il sortira diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon en 1986.

Depuis, sa renommée n’a cessé de croître et il occupe désormais le devant de la scène artistique contemporaine mondiale grâce à ses immenses portraits monochromes réalisés à grand coups de pinceaux épais, dans un style très réaliste. Yan Pei-Ming n’en a pas pour autant oublié son berceau bourguignon et « les copains de Dijon », au milieu desquels il évolue avec joie. Il célèbrera vendredi la rénovation du musée dijonnais avec de « nombreuses pièces nouvelles créées spécialement pour l’occasion », souligne son ami et commissaire de l’exposition Franck Gautherot.

L’artiste poursuit dans la voie qui a fait son succès: on y trouvera des « peintures historiques » géantes évoquant l’attaque du World Trade Center ou encore la catastrophe nucléaire de Fukushima, ainsi qu’une nouvelle série de portraits, même si ces grands formats sont couplés à des oeuvres plus intimistes. « Dans son travail, depuis le début, sont mélangées sa biographie et l’histoire du monde », explique M. Gautherot. Ainsi, une salle figurant la mort placera en vis-à-vis des portraits de sa mère, décédée à l’été 2018, et une peinture géante des funérailles du pape Jean-Paul II. On y trouvera aussi, avec le même culot qui avait caractérisé sa reprise de la Joconde lorsqu’il était exposé au Louvre, une réinterprétation à l’aquarelle de l’iconique série des Pleurants, ces sculptures entourant les tombeaux des ducs de Bourgogne qui constituent la pièce centrale du musée.

« L’homme qui pleure » fera une part belle à des oeuvres inédites de l’artiste. Car Yan Pei-Ming a réalisé pour l’occasion une nouvelle série de petits portraits carrés, intitulée « Jeux de pouvoir ». Sur les murs rénovés du musée, Donald Trump, Vladimir Poutine ou encore Bachar al-Assad défient le visiteur du regard. « Pour l’instant il n’y a que cinq tableaux, mais ça va être une oeuvre qui va être démente », prévient l’artiste, interrogé quelques semaines avant l’inauguration. « J’imagine près de 400 pièces. Je vais voir combien de tableaux je peux peindre en une vie ! ».