Digicash vendue à la société Payconiq

La solution de paiement digitale développée depuis la Belgique par ING étend ainsi son empreinte commerciale sur tout le Benelux en investissant au Grand-Duché en attendant les Pays-Bas.

La consolidation se poursuit sur le marché des solutions de paiement mobiles. Digicash était la société qui avait réussi à s’implanter au Luxembourg dans un paysage très concurrentiel. Ces deux concurrents les plus sérieux, Flashiz et Yapital, ont été respectivement absorbés et fermés.

Ce qui a fait la différence, ce sont les partenariats noués avec les banques et les commerçants. Soutenue par l’Etat et la SNCI, Digicash avait su séduire la BCEE, Post, la BIL, BGL BNP Paribas et ING. L’application avait également convaincu de grands noms parmi les enseignes marchandes. Avec à la clé 60.000 clients actifs, un taux de notoriété de 84% dont 65% se disant prêts à tester la solution ainsi qu’un réseau de 1.200 terminaux en points de vente.

Digicash va désormais continuer l’aventure sous le pavillon belge, Payconiq venant de racheter, pour une somme non communiquée, Digicash Payments SA, la société qui gérait le service. Plus exactement, c’est ING – l’actionnaire à 100% de Payconiq – et KBC qui ont fait cette acquisition, le but étant, à terme, d’ouvrir le capital de Payconiq à KBC ainsi qu’à d’autres partenaires bancaires, précise Duke Prins, le CEO de Payconiq. «Notre modèle est un modèle de coalition.» ING, qui a soutenu le lancement dès 2014 de cette Fintech installée à Louvain, ne veut pas faire cavalier seul.

Duke Prins précise que le business model de sa société est le même que celui de Digicash, à savoir, tisser un réseau de partenaires bancaires et commerçants. Pour lui, l’acquisition de son homologue luxembourgeois – il préfère le terme de collaboration – faisait donc plus de sens que de déployer sa propre solution.

Que va-t-il advenir de la marque Digicash? Celle-ci ne va pas disparaître de sitôt du paysage. Elle va subsister jusqu’à ce que la migration vers la technologie Payconiq soit complète. «Cette transition se fera en douceur. Et le consommateur ne devrait constater aucun changement.»

Si à terme la technologie Digicash est amenée à s’effacer «graduellement» devant celle de Payconiq, cet effacement restera relatif. En effet, les fondateurs de Digicash gardent la main sur les équipes en charge du développement technique qui sont regroupées dans une nouvelle société, Jeelis, qui deviendra prestataire de service auprès de Payconiq pour assurer la transition technologique. Laquelle passera par une fusion, certaines fonctionnalités pointues développées chez Digicash ayant vocation à être intégrées dans l’application Payconiq.

Pour ce qui est des équipes en charge de l’exploitation commerciale de Digicash, Duke Prins insiste sur sa volonté de les conserver à bord.

Comment ça marche? Payconiq est une solution de paiement mobile qui permet des transactions en ligne entre particuliers et chez les commerçants. Dans le premier cas, aucun IBAN n’est nécessaire, l’application reliant les comptes bancaires aux numéros de téléphone. Chez les commerçants, tout se passe en lien direct ou via un QR code.

La solution présente des avantages certains pour les commerçants: aucun investissement dans des terminaux de paiement n’est nécessaire. Une connexion internet et un ordinateur, smartphone ou tablette, suffisent. L’application permet également une gestion personnalisée des programmes de fidélité. Pour les consommateurs, l’application est totalement gratuite.

En Belgique, la plateforme, soutenue par ING, Belfius et KBC revendique 35.000 magasins activement connectés au système. Sur le marché néerlandais, l’application est soutenue par ING ABN AMRO, ASN, Bank, Rabobank, SNS et RegioBank. Le déploiement du service pour les commerçants et les consommateurs est prévu «dans un avenir proche».

Du côté de chez Digicash, Raoul Mulheims, le CEO, se réjouit de la transaction qu’il voit comme «une évolution très positive, comme la meilleure solution pour faire évoluer la société à l’international».
Grandes manœuvres

Marc Fassone