Devant l’incertain / Coup de cœur

Nous voilà donc en 2019 et on est en droit de se demander ce que la nouvelle année nous réservera. En faisant le bilan de celle qui vient de s’achever, on ne peut guère être trop optimiste. J’ai écouté les messages du pape, de notre Grand-Duc et de la reine d’Angleterre et j’ai lu un tas d’articles sur ce qui fut et sur ce qui sera. Or, quels que soient les vraiment formidables progrès de la médecine et les performances techniques et scientifiques dans tant de domaines, l’homme est en train de détruire son environnement et le jour n’est plus si loin où nous le réaliserons de manière dramatique aussi chez nous. Car ailleurs, dans les pays à forte surpopulation et où les changements climatiques sévissent déjà de manière impitoyable en semant famine, maladies et détresse, la misère est omniprésente. S’y ajoute l’inconscience avec laquelle on traite la nature en rasant les forêts, en polluant les mers et les airs, en surexploitant les océans, en ne freinant pas assez les émissions de gaz à effet de serre, en accélérant ainsi la fonte des glaces, en continuant à tuer des animaux rares et des espèces protégées. Les insectes et les oiseaux disparaissent tout comme d’innombrables espèces de la faune et de la flore. Or, comme l’a si bien souligné notre souverain, «nous n’avons qu’une planète avec des défis qui nous concernent tous» et que nous continuons hélas à ignorer.

Quand à tout cela s’ajoutent les lubies imprévisibles des forces de la nature, éruptions, inondations, tremblements de terre, l’homme devrait vraiment tout faire pour enrayer les incommensurables dégâts causés de sa propre main, par son impardonnable inconscience et sa frénésie de profiter au maximum de son passage sur terre. Il en oublie les choses essentielles dans lesquelles résident la source et le secret d’une vie sereine et satisfaisante et parmi lesquelles l’amour du prochain et le soutien des moins bien lotis et notamment des réfugiés, obligés de fuir une patrie devenue en grande partie invivable, devraient avoir la priorité absolue. Avec ce qui se passe dans le monde, les occasions ne manquent vraiment pas!

La tradition veut qu’au début d’une nouvelle année on souhaite à ses proches surtout une bonne santé. Et même si ce sont des vœux pieux, ils visent pourtant quelque chose d’essentiel. Car, dès qu’on a de sérieux soucis dans ce domaine, la vie prend une autre tournure. Je l’ai vécu pendant l’année qui s’achève auprès de chers amis et je le réalise plusieurs fois par semaine lors de mes visites à un proche séjournant depuis presque dix ans dans une maison de retraite. La plupart des pensionnaires, d’un certain âge évidemment, ont des problèmes de mobilité, de vue, d’ouïe sans parler des autres défaillances moins apparentes de leur organisme. Beaucoup d’eux ne reçoivent pas beaucoup de visites et j’en souffre avec eux. C’est une des preuves éclatantes de l’incroyable égoïsme et je-m’en-foutisme dans lesquels se vautre hélas notre société, toujours en quête d’autres plaisirs exaltants en ignorant la terre qui s’ouvre sous ses pieds.

Pierre Dillenburg