Démantèlement d’un trafic de produits dopants dans le milieu du culturisme

Une vingtaine de personnes ont été interpellées mardi et huit d’entre elles ont été déférées depuis à Lyon, dans le cadre du démantèlement d’un trafic international de produits dopants dans le milieu du culturisme, selon le parquet.

Les arrestations ont eu lieu simultanément dans le Rhône, en région parisienne, à Nice, à Bordeaux, à Mulhouse, en Belgique et au Luxembourg. Les dirigeants d’un groupe de sociétés organisant le trafic et « plusieurs champions de culturisme sponsorisés par cette structure » font partie des mis en cause, selon la même source.

Des perquisitions ont parallèlement permis de saisir environ 134.000 euros en espèces et de nombreux produits anabolisants, dont des stéroïdes et des hormones de croissance, précise le parquet dans un communiqué. Parmi les personnes arrêtées, huit ont déjà été présentées au juge d’instruction pour être mises en examen, le parquet ayant requis un placement en détention pour quatre d’entre elles.

L’affaire a démarré par l’interception, en septembre 2016 par les Douanes de l’aéroport de Roissy-CDG, d’un colis contenant des produits anabolisants en provenance de Thaïlande et destinés à un individu domicilié dans le Rhône. Une enquête préliminaire a permis d’identifier plusieurs culturistes lyonnais se livrant à l’achat-revente de produits dopants.

Les gendarmes de la Section de Recherches de Lyon et de l’Office central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) ont aussi remonté la piste de deux holdings situées au Luxembourg et d’un laboratoire rhodanien commercialisant des produits parapharmaceutiques et nutritionnels en France et à l’étranger.

Ces organismes sont soupçonnés d’avoir organisé le trafic. Selon le quotidien régional Le Progrès, il s’agit du laboratoire Les Trois Chênes (165 salariés), dont le fondateur Éric Favre, qui organise aujourd’hui des compétitions de culturisme, et son actuel PDG ont été arrêtés, information confirmée par le parquet.

En décembre 2017, ce dernier avait ouvert une information judiciaire pour trafic de substances dopantes, travail dissimulé en bande organisée, abus de biens sociaux, blanchiment en bande organisée, fraude fiscale aggravée et association de malfaiteurs.

Les suspects encourent 10 ans d’emprisonnement. Les interpellations ont été effectuées par les gendarmes de la SR et de l’OCLAESP, aidés du Groupe d’Intervention Régional (GIR) Rhône-Alpes qui associe policiers et gendarmes dans la lutte contre l’économie souterraine et la délinquance organisée.