Dégraisser

Marie-Anne Lorgé / «Ici, il fait beau»: c’est toujours comme ça, avec un ciel digne de Magritte dont on aurait gommé les nuages, que se résume une carte postale. Que l’on garde comme un marque-page à cause de l’exotisme du timbre et parce que le voyage qu’a pu faire ce carré de papier illustré, porteur d’une pensée ou d’un bon baiser, arrivant souvent au destinataire après le retour de l’envoyeur, embarque un capital affectif… désormais tombé en désuétude – la faute aux temps (gens) connaisseurs du prix de tout mais de la valeur de rien?

Mais donc, août a fini comme il a commencé, avec la disparition des comédiennes Jeanne et Mireille. Et voilà septembre: brume du soir oblige, la terre fume, elle exhale ses fatigues – du coup, le soleil s’échoue comme une flaque de cuivre.

Septembre retrouve le bitume et son costume, il ouvre son cahier de devoir(s). Avec deux mots en haut de page: détoxifier et flexibilité. Le premier, avec sa façon de revoir les boîtes à tartines en bio, sacrifiant le bénéfice plaisir de deux mois d’apéros-barbecues, préconise le même vélo qu’avant le maillot mais en changeant le décor, entre feuilles mortes et champignons. Le second mot, à sa façon, s’applique aussi… à dégraisser.

Bonnes résolutions et ordonnances, une confusion des pluriels, tout comme avec règles et conquêtes.