Décès de Claude Frioux, traducteur français de Maïakovski

Ancien président de l’université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis), grand spécialiste et traducteur de l’oeuvre de Maïakovski en français, Claude Frioux, est mort lundi à Nemours (Seine-et-Marne) où il était hospitalisé, a-t-on appris mardi auprès de sa famille.

« Claude Frioux est décédé lundi à l’hôpital de Nemours », a indiqué à l’AFP Igor Sokologorsky, le fils d’Irène Sokologorsky, épouse de Claude Frioux et directrice de la revue Lettres Russes.

Il était âgé de 85 ans. Ancien élève de l’École normale supérieure (de 1952 à 1956), agrégé de russe, Claude Frioux était un spécialiste reconnu de l’oeuvre du poète révolutionnaire Maïakovski. C’est lui qui avait traduit intégralement son oeuvre en français. Il avait également dirigé l’édition des oeuvres d’Anton Tchékhov dans la Pléiade.

Longtemps membre du Parti communiste français (PCF), il n’avait pas hésité à manifester sur la Place rouge à Moscou en août 1968, aux côtés de sa femme Irène et d’une poignée de dissidents soviétiques, pour dénoncer l’invasion de la Tchécoslovaquie.

Homme libre et très critique vis-à-vis de la ligne de son parti, il était proche des dissidents Iouli Daniel et Andreï Siniavski, arrêtés et envoyés au goulag à la fin des années 1960 pour « antisoviétisme ». Enseignant de russe à la faculté de Rennes de 1959 à 1968, il enseigne à Vincennes dès sa création en 1968. Il sera président de cette université de juin 1971 à mai 1976 puis de janvier 1981 à décembre 1986.

Outre ses nombreuses traductions et essais sur la littérature russe, il était l’auteur d’une fiction poétique « Vie et oeuvre de Youri Solntsev » (L’Harmattan) qu’il avait signé sous ce pseudonyme au début des années 2000.