Décès du couturier Hervé L. Leroux, créateur des robes à bandes

Le couturier Hervé L. Leroux, célèbre dans les années 1990 sous le nom d’Hervé Léger et connu pour ses robes à bandes, est décédé à l’âge de 60 ans, a annoncé vendredi la Fédération de la haute couture et de la mode.

Il est décédé d’une rupture d’anévrisme, a-t-on appris dans son entourage. Le créateur Alexis Mabille lui a rendu hommage en publiant sur Instagram une photo de l’une des robes, bleue et drapée, ajoutant « Tu vas me manquer, mon cher Hervé ». La pin-up et effeuilleuse américaine Dita Von Teese s’est dite « très triste de devoir dire adieu à un génie ». « Je me souviendrai toujours de mes après-midis dans son atelier juste à côté de Ladurée, essayant robe sur robe, juste pour le plaisir (…) Nous avons pris tellement de bon temps, j’aurais pu ne porter que ses robes », a-t-elle écrit sur ce réseau social.

Né Hervé Peugnet à Bapaume (Pas-de-Calais) le 30 mai 1957, cet autodidacte a d’abord été coiffeur puis chapelier. Après avoir été l’assistant de Tan Giudicelli, il fait en 1981 une rencontre décisive, celle de Karl Lagerfeld, avec lequel il travaille chez Fendi puis Chanel. C’est le couturier allemand qui lui conseille de changer de nom, jugeant le sien peu vendeur et pas facile à prononcer à l’étranger, suggérant quelque chose de plus… léger. L’adjectif deviendra patronyme.

En 1985, Hervé L. Leroux crée sa propre marque sous le nom d’Hervé Léger, un nom qui reste indissociable, depuis les années 1990, des robes à bandes qu’il invente et qui donnent aux femmes un corps de sirène. C’est en trouvant par hasard dans un atelier de confection des bandes extensibles de Lurex qu’il a l’idée de les assembler pour en faire des robes. Il varie ensuite les matières, utilisant souvent de la viscose et de l’élasthanne, mais aussi les largeurs et les couleurs de ces bandes cousues à la main et qui s’adaptent parfaitement au corps.

En 1994, Roland Petit lui confie les costumes de ses ballets Passacaille, Rythme de valses et caméra obscura à l’Opéra de Paris. Sa griffe est rachetée en 1999 par Max Azria, fondateur et dirigeant du groupe américain BCBG, qui décide de se séparer de lui. Il perd dans la foulée l’usage commercial de son nom.

Hervé Léger devient en 2000 Hervé L. Leroux. Un nom là encore soufflé par le directeur artistique de Chanel : « Karl m’a rappelé qu’à mes débuts, on me surnommait +le roux+ à cause de la couleur de mes cheveux. Et me voilà devenu Hervé Leroux. Le +L+ au milieu s’est ajouté comme un clin d’oeil », racontait-il alors à l’AFP. Il ouvre une boutique à Paris, proposant du sur-mesure, du prêt-à-porter et des maillots de bain.

Entre 2004 et 2006, il occupe le poste de directeur artistique de la maison Guy Laroche. En 2013, il avait présenté une collection pendant la semaine de la haute couture à Paris, abandonnant les bandes pour les drapés. Des robes ultra-glamour et souples, faites pour les soirées chic et les tapis rouges, assurant des formes parfaites grâce à un savant gainage invisible. « Le drapé participe d’une autre technique, mais il y a toujours l’idée de moulage et de sculpture du corps de la femme, qui devient une tanagra », décrivait-il.