Début des travaux du gazoduc Nord Stream 2 dans les eaux allemandes

German Economy and Energy Minister Peter Altmaier (L) and European Commission Vice-President in charge of Energy Maros Sefcovic give a press statement in Berlin on April 16, 2018.

Les travaux préparatoires à la construction de la partie offshore du gazoduc russe controversé Nord Stream 2 ont débuté en Allemagne, a annoncé mardi le consortium mené par le géant russe Gazprom, à quelques jours d’une visite de la chancelière allemande en Russie.

« Nord Stream 2 AG a démarré aujourd’hui les travaux préparatoires offshore pour la pose ultérieure de pipelines dans la baie de Greifswald », lagune au sud de la mer Baltique, a annoncé dans un communiqué la société. « Tous les travaux en cours sont exécutés sur la base de l’approbation des projets de construction et d’exploitation du gazoduc Nord Stream 2 dans les eaux territoriales allemandes » par les autorités allemandes, est-il précisé dans ce communiqué. Des travaux préparatoires ont également commencé en Finlande suite à l’approbation par les autorités finlandaises, précise le communiqué.

Nord Stream 2 vise à doubler d’ici fin 2019 les capacités de son grand frère Nord Stream 1, et permettre à davantage de gaz russe d’arriver directement en Allemagne via la mer Baltique, donc sans passer par l’Ukraine. Plusieurs pays, Pologne en tête, s’opposent au projet qui doit aboutir à réduire le transit de gaz russe via l’Ukraine, dénonçant sa portée politique. Gazprom justifie sa construction par la croissance attendue de la demande européenne dans les années à venir.

La chancelière allemande Angela Merkel avait porté un coup inattendu au projet de gazoduc en avril, en réclamant que le rôle de l’Ukraine dans l’acheminement du gaz russe vers l’Europe soit pérennisé. Gazprom avait alors assuré être disposé à maintenir le transit de gaz pour l’Europe par l’Ukraine, mais à des volumes réduits et à condition d’un contrat rentable. Une proposition aussitôt rejetée par Kiev.

Angela Merkel est attendue vendredi à Sotchi (sud de la Russie), où elle doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine et devrait notamment évoquer ce dossier qui divise les Européens.

Le transit de gaz russe par le territoire ukrainien, qui représentait il y a une dizaine d’année 10% à 15% du gaz consommé en Europe, a déjà nettement diminué ces dernières années, notamment depuis la mise en service de Nord Stream 1 via la Baltique.