Un peu de tout /Coup de cœur

Il y a une bonne semaine, on a beaucoup parlé chez nos voisins allemands de voitures diesel – je venais d’en acheter une, heureusement conforme aux normes communautaires! –, presque autant que des éternels, lamentables et douloureux efforts pour parvenir enfin à une coalition apte à gouverner. Ce qui fut fait, enfin, dimanche dernier.

La chancelière a présenté celles et ceux de son parti qu’elle aimerait voir opérer à ses côtés pour savourer ensuite le record historique remporté par Annegret Kramp-Karrenbauer, sa dauphine pressentie, lors de l’élection de celle-ci à la fonction de Secrétaire général de la CDU. Comme Angela, Annegret n’a guère soutenu le mariage pour tous. Lors d’un dîner plutôt huppé en Sarre, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec celle qui vient de faire ses adieux à son action fort appréciée à la tête du gouvernement sarrois. Voilà qu’arrive mon partenaire que je présente comme tel, quand celui-ci s’offusque pour préciser, avec tout de même une pointe d’humour, qu’il est depuis peu fort officiellement mon conjoint. Et Madame Kramp-Karrenbauer de rétorquer avec un large sourire qu’elle compte comme la chancelière beaucoup de gays parmi ses amis mais que jusqu’à nouvel ordre et malgré le vote d’une loi introduisant le mariage pour tous, la Constitution allemande ne prévoit que le mariage entre un homme et une femme. Dont acte!

Voilà qu’on a droit à un nouveau jeu à la télé. Les membres de deux familles s’y affrontent à la recherche de réponses à des questions proposées par un florilège de nos concitoyens. Mais qu’un candidat, rapide dans sa réponse à la question de nommer quelque chose qu’on peut couper en tranches, n’arrive pas à citer le prénom d’un membre de la famille grand-ducale régnante m’a pourtant laissé pantois. Et moi qui aurais suggéré comme devinette le prénom de notre première Grande-Duchesse, épouse du Grand-Duc Adolphe! Je sais de quoi je me serais fait traiter. Pour rafraîchir la mémoire des éventuels intéressés, il s’agit d’Adélaïde-Marie d’Anhalt-Dessau, femme affable et peintre accomplie. Et quid de la question: «Quels étaient les derniers mots de Goethe agonisant?» Alors là! J’ai honte d’être un rien méchant. En tout cas, l’émission permet de se replonger dans le Luxembourg profond, celui qui échappe trop à ceux qui vivent sur des nuages finalement peu réalistes.

Pour quelques jours, le froid glacial d’antan était de retour en duo avec un soleil éclatant et, par moments, un vent fort tranchant. Et si chez nous la neige n’a pas été au rendez-vous dès le début, le Sud de l’Europe et bien d’autres pays ont connu, surtout au niveau du trafic, des situations pour le moins inhabituelles et souvent dramatiques. Nous ne sommes plus habitués à de telles conditions météorologiques et là où elles ne se manifestent que tous les quinze à vingt ans, les voitures ne roulent hélas pas sur des pneus hiver, ce qui génère sur les routes le chaos dont on vient de nous montrer des images dans des paysages «surgelés» faisant penser au fin fond de la Sibérie mais aussi à ceux qui ont dû affronter ces températures glaciales dans des conditions pour lesquelles on ne doit vraiment pas les envier. Je sais qu’on s’est occupé d’eux, jusqu’au plus haut niveau, dans de louables élans de solidarité qui, en plus de leur offrir un abri et des soins décents, ont dû leur faire chaud au cœur.

Pierre Dillenburg