De bordel à nobel Marie-Anne Lorgé

En 1664, selon l’Académie, l’orthographe devait «servir à distinguer les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes». De quoi défriser deux profs, éreintés par «le Grevisse», initiateurs du spectacle sacrilège La faute de l’orthographe. Il n’empêche, la règle d’écriture, elle se voit (sur papier), au contraire du vocabulaire «familier» qui, lui, sonnant haut et fort, s’en tamponne de la règle – comme en témoigne le «bordel» du président français.

Désormais, on est à cran avec le langage. A l’exemple du «point milieu»: une variante du trait d’union, une graphie censée remplacer la parenthèse… par le point, caractère neutre typographiquement, donc plus prompt à inclure dans un même mot le masculin et le féminin. Ainsi, en écrivant les «salarié.e.s» (non plus les «salarié(e)s»), on réussit un récit épicène: mot savant… permettant de promouvoir l’égalité des genres. Dans la foulée, on écrira donc les «fainéant.e.s», ce qui n’augure toujours pas d’une meilleure… convivialité.

Au milieu des saillies, voici la littérature. Le Nobel 2017 est arrivé. Celui qui succède à Bob Dylan, c’est Kazuo

Ishiguro, romancier britannique d’origine japonaise, primé pour son émotionnelle force à dire «notre illusion de confort». C’est le choix de la «condition humaine oubliée». On s’en réjouit – rappelant toutefois que, depuis 1901, il n’y a eu que 14 nobélisées…