David Wagner (Déi Lénk), «plus pitbull que caniche»

Photo: Editpress / Fabrizio Pizzolante

Historien de formation, journaliste, assistant parlementaire, conseiller communal, porte-parole… David Wagner poursuit depuis hier, 29 avril, sa carrière politique à la Chambre des députés.

Il y succède à son co-militant Justin Turpel, qui avait annoncé sa démission fin mars, pour raisons de santé.

Dans sa première allocution, le jeune homme de 36 ans a été fidèle à sa gouaille. Le député Déi Lénk est « une des nombreuses personnes engagées à gauche » mais remercie « les centaines, voire les milliers d’hommes et de femmes progressistes, qui sont de plus en plus nombreux », souvent des anonymes, « engagés au quotidien au sein d’un syndicat, d’une initiative ou d’un parti, qui œuvrent le plus souvent bénévolement (…) pour améliorer la société ». Ils ne reçoivent pas d’argent, « rarement de la reconnaissance mais jusqu’au mépris de la caste dominante. Un gauchiste est plutôt un pitbull qu’un caniche » a-t-il prévenu ses nouveaux collègues.

Un mot pour les combattants de la guerre d’Espagne, une pensée de solidarité avec les Grecs qui luttent contre la misère sociale et le démantèlement démocratique… Wagner n’oublie pas qu’il n’est «pas un Luxembourgeois dont la famille vit ici depuis des générations». De façon très personnelle, il évoque les origines françaises de sa mère: issue d’une famille de huit enfants des quartiers pauvres du nord de Marseille, elle est la seule à avoir quitté la cité phocéenne pour rejoindre le plus froid et plus riche Grand-Duché.

«Les origines mélangées ont l’avantage de permettre un coup d’œil dans plusieurs mondes», explique David Wagner. Celui, modeste mais protégé du Luxembourg et le « quart-monde » dans le Sud de la France. « Petit, on se demande pourquoi les uns ont une vie agréable et pas les autres… Puis on comprend que cela ne dépend pas des gens, mais du contexte politique.» C’est un peu comme ça qu’on devient gauchiste.

«Je me réjouis des joutes à venir.  Je vais vous énerver, et vice-versa (…) mon arme sera le micro qui se trouve devant moi » a-t-il annoncé en conclusion.

Laurence Harf