Danse: Pina Bausch, l’inspiratrice

Quelques chaises traînent. Le spectacle «FrauenTanz» est morcelé en saynètes. Sans paroles, mais théâtrales. Les dix danseuses jouent tour à tour tous les types de femmes d'hier et d'aujourd'hui (Photo: Vicky Bettendorff)
Quelques chaises traînent. Le spectacle «FrauenTanz» est morcelé en saynètes. Sans paroles, mais théâtrales. Les dix danseuses jouent tour à tour tous les types de femmes d'hier et d'aujourd'hui  (Photo: Vicky Bettendorff)
Quelques chaises traînent. Le spectacle «FrauenTanz» est morcelé en saynètes. Sans paroles, mais théâtrales. Les dix danseuses jouent tour à tour tous les types de femmes d’hier et d’aujourd’hui
(Photo: Vicky Bettendorff)

«FrauenTanz» entre danse et théâtre.

Deux ans après «MännerTanz», le chorégraphe luxembourgeois Jean-Guillaume Weis livre un nouveau spectacle, logiquement intitulé «FrauenTanz».

Evidemment, la tentation de comparer FrauenTanz à MännerTanz est grande. Ils étaient quatre, elles sont dix. Ils allaient du jeune premier au retraité, elles sont toutes très jeunes et encore méconnues, mises à part Rhiannon Morgan, sélectionnée entre autres pour le spectacle d’ouverture des Jeux olympiques de Londres en 2012, et Anna Chirescu, qui a dansé pour Jean-Claude Gallotta. Comme dans MännerTanz, le fond de la scène ressemble à une loge. Une baignoire, une coiffeuse, des portants jonchés de robes et une étagère pleine d’accessoires. Mais, à la différence de MännerTanz, les danseuses ne vont pas se raconter. Car peut-être pas assez expérimentées ou trop inconnues. A moins que l’objectif du chorégraphe n’ait été ailleurs: parler des femmes, de toutes les femmes. A la manière de Pina Bausch.

[cleeng_content id= »429569662″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]«Femmes, je vous aime»

Les références à la chorégraphe allemande qui a promu le style danse-théâtre sont indéniables (Jean-Guillaume Weis a pour rappel fait partie de la compagnie Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch de 1994 à 1997). Les danseuses sont nombreuses, elles portent robes et talons hauts, elles ont les cheveux longs et en jouent. Leurs mouvements sont épurés. Tantôt fluides, tantôt violents, ils expriment à l’envi des émotions ou des tranches de vie. On sourit et rit beaucoup d’ailleurs.

Quelques chaises traînent, certes moins que dans Café Müller. Le spectacle est morcelé en saynètes. Sans paroles, mais théâtrales. Les dix danseuses jouent tour à tour tous les types de femmes d’hier et d’aujourd’hui: la trapéziste des Ailes du désir de Wim Wenders, les belles héroïnes des films muets du début du siècle passé, l’épouse et la maîtresse, Liza Minelli, la chanteuse de Cabaret, les baigneuses d’Ingres, les sensuelles qui se déhanchent au rythme de la bossa nova, la femme d’affaires, la rêveuse, la pressée, la nonchalante, la pimbêche, la femme libérée, la ballerine, les mères, les Femen, etc.

A croire que Jean-Guillaume Weis les aime toutes. Et pour le leur prouver, il les gâte. Il leur offre une belle écriture faite de tableaux, demi-rondes, balancés, portés, jetés, etc. , sur une compilation de belles musiques, dans de beaux atours (sélectionnés par Trixi Weis) et dans le plus prestigieux théâtre luxembourgeois.

 

Florence Becanne

* Le 7/06 à 20.00h au Grand Théâtre, 1 Rond-point Schuman, Luxembourg. Tél.: 47.08.951.

Le 17 octobre à 20.00h au Théâtre d’Esch/Alzette, tél.: 54.03.87[/cleeng_content]