Notre-Dame: les statues du toit, en rénovation, échappent au sinistre; mais trop tard pour le coq de la flèche

In this file photo taken on April 11, 2019 workers install statues which sitted around the spire of the Notre-Dame-de-Paris Cathedral to be taken for restoration.

Les douze statues monumentales qui ornaient le toit de Notre-Dame ont échappé au sinistre de justesse, arrivées la semaine dernière près de Périgueux pour y être restaurées, mais le coq reliquaire du sommet de la flèche a fondu avant de pouvoir prendre le même chemin.

« Malheureusement le coq a fondu », a déploré mardi, Patrick Palem, ex-pdg mais toujours conseil de la Socra, l’entreprise de Marsac-sur-l’Isle (Dordogne) chargée de restaurer les 12 apôtres et quatre évangélistes de cuivre repoussé vert-de-gris datant du XIXe siècle, qui avaient été hélitreuillées jeudi dernier depuis la flèche qu’elles entouraient.

Le coq de la flèche devait être décroché en juin pour rejoindre à son tour les ateliers de la Socra (Restauration et conservation d’oeuvres d’art et monuments historiques). Ce coq, également en cuivre repoussé, abritait selon l’Eglise des reliques de Sainte-Geneviève et Saint-Denis, ainsi qu’un fragment de la couronne d’épines du Christ, censées protéger les Parisiens.

La restauration des seize statues « est pour l’instant arrêtée et repoussée, ce n’est plus la priorité », a déclaré à l’AFP Patrick Palem, spécialiste depuis 40 ans de la restauration du patrimoine, et désormais conseiller de la Socra qu’il a vendue en octobre dernier.

Ce chantier de la restauration des statues était estimé pour la Socra à « quelque 400.000 euros », a-t-il dit.

« La priorité, c’est un chantier à plus grande échelle, la reconstruction et la rénovation de Notre-Dame qui pourrait prendre entre 15 et 20 ans probablemnt pour un coût de plusieurs centaines de millions d’euros », a-t-il estimé.

L’extraction des seize statues de la flèche de Notre-Dame qu’elles ornaient, avaient donné lieu jeudi à une opération spectaculaire d’hélitreuillage dans le ciel de Paris. Ces oeuvres avaient ensuite été acheminées par camion jusqu’aux ateliers de la Socra, et elles devaient retrouver définitivement leur place en 2022. Elles avaient été installées lors de la reconstruction de la flèche de la cathédrale, menée en 1859-1860 par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui s’est lui-même fait représenter sous les traits de Saint Thomas. La flèche d’origine avait été construite en 1250, puis démontée dans les années 1786-1792.