Coup de froid

Marie-Anne Lorgé / L’époque des enfants des années 60 et de la vague yé-yé s’en est allée… rejoindre le paradis blanc de Michel

Berger. Avec, en un mois pile, la disparition de Johnny Hallyday, à la Saint-Nicolas, et celle de France Gall, à l’Epiphanie. Ce jour-là, en 1965, pour égayer un goûter scout – avec couronne de papier et figurine de plastique faisant office de fève, insérée par tradition dans une galette dite des rois –, j’avais entonné Poupée de cire, poupée de son, la chanson qui allait consacrer une tête d’ange à l’Eurovision: France Gall avait 18 ans à peine, j’en avais 10…. et je garde le goût de la frangipane. Le goût aussi de cela qui Débranche et qui en même temps Résiste – un titre taillé (il y a trente-sept ans) comme une injonction, utilisant le «tu» pour dire «toutes ces personnes dont on a le sentiment qu’elles passent lentement mais sûrement à côté de leur vie».

Sinon, 2018 sera l’année d’une déferlante commémorative, à tous les étages, de la mort de Claude François en 78 – qui narre sa rupture d’avec France Gall dans Comme d’habitude – jusqu’à l’Expo universelle de 58 à Bruxelles, en passant par Mai 68 et le centenaire de la Première Guerre mondiale. Il y aura de l’émotion… et son instrumentalisation. On va frémir. Et croire que ça réchauffe.

Alors, côté météo, c’est le froid. Un fait d’hiver.