Coquelicot

JEAN PORTANTE / Je ne sais pas vous, mais moi j’ai l’impression qu’il y a de moins en moins de coquelicots dans les champs. Et qu’en est-il des coqs dans nos campagnes? Si je pose la question, c’est parce que j’ai des raisons étymologiques.

Car, oui, le mot «coquelicot» s’écrivait «coquelicoq» quand il est né en 1545, le «q» ayant par la suite été remplacé par un «t». Comme si l’on voulait cacher l’origine du mot. Etait-elle jugée trop peu poétique?

Ce «coquelicoq» sortait de l’ancien français «coquerico» qui, lui, est l’ancienne forme du «cocorico» qu’on a entendu mainte fois en France lors du mondial de football. Le chant du coq donc. Une onomatopée. D’ailleurs, jusqu’en 1340, on disait «coquerico» pour «coq». Cela provenait de l’onomatopée latine «coccus coccus», c’est ainsi que chantait le coq à Rome.

Comment, alors, est-ce devenu une fleur? Mais tout simplement par ressemblance, le coquelicot rougissant le champ comme si l’on y voyait la crête d’un coq.

Cela dit, et là la chose redevient plus prosaïque, en argot le «coquelicot» désigne un œil poché par un coup de poing…