Conforama obtient 316 millions d’euros de refinancement

Conforama a trouvé un accord avec ses créanciers sur un plan de refinancement de 316 millions d’euros, approuvé par la justice, a indiqué jeudi sa maison-mère, le groupe sud-africain Steinhoff, en difficultés financières.

« Le tribunal de commerce de Meaux a approuvé un accord de conciliation » entre Conforama et ses créanciers, selon le communiqué.

La restructuration financière « comprend des financements nouveaux pour un total de 316 millions d’euros », poursuit-il. Par ailleurs, Alexandre Nodale, PDG de Conforama depuis janvier 2015, cédera son poste une fois la restructuration financière terminée et sera remplacé par un duo composé de Helen Lee Bouygues à la présidence et Cédric Dugardin comme directeur général, indique Steinhoff.

M. Nodale a par ailleurs démissionné de ses fonctions au sein de la maison-mère sud-africaine. La direction du groupe de distribution et d’ameublement a informé jeudi les représentants du personnel de ce vaste plan de refinancement en deux phases, la seconde prévoyant la restructuration de magasins « déficitaires » au premier trimestre 2020, ont indiqué de leur côté des sources syndicales.

La première tranche est destinée dans l’immédiat à rembourser une partie de la dette et remettre à flot la trésorerie de l’enseigne d’ameublement et de décoration. La deuxième, au premier trimestre 2020, servirait à « restructurer » des magasins « déficitaires », a indiqué à l’AFP Jacques Mossé-Biaggini (FO).

Aux nombreuses questions posées par les représentants du personnel (quel genre de restructuration, combien de magasins, lesquels…), la direction n’a « pas donné de réponse claire », a précisé M. Mossé-Biaggini. Selon Abdelaziz Boucherit (CGT), pour Conforama, « deux scénarios se dégagent » après l’annonce de ce plan de refinancement, car la recherche d’un repreneur est « toujours d’actualité ». Si cette quête aboutit « dans les six mois », la deuxième tranche de refinancement ne sera pas versée, a-t-il expliqué, et tout est « possible » : une cession « par lots » ou de l’entreprise « dans sa globalité ».

« Ces informations ne sont pas faites pour rassurer les élus et les salariés », a commenté le délégué CGT. « Pendant ce temps la fonte des effectifs continue dans les établissements » et « les investissements sont stoppés », a-t-il ajouté, en dénonçant une stratégie « malheureusement tracée par des financiers ». Au total, « nous ne sommes pas plus avancés sur l’avenir de notre enseigne », a regretté M. Boucherit. Pour Pascal Jacquemain (CFDT), Conforama est sauvé « à court terme ». « Mais à horizon deux à trois ans, pas de visibilité et encore plus d’inquiétude » pour les salariés de l’enseigne.

Depuis début mars, les syndicats de Conforama ont fait part de leurs inquiétudes et de celles des quelque 9.000 salariés quant à l’avenir de l’enseigne, dont la maison mère, le groupe Steinhoff, est engluée depuis plus d’un an dans un scandale financier lié à des irrégularités comptables. Ses comptes présentent un trou de six milliards d’euros.

Conforama avait en conséquence annoncé le 11 janvier dernier la cession à Carrefour de sa participation de 17% au capital de Showroomprivé, numéro deux français de déstockage en ligne, pour un montant de 78,7 millions d’euros.

Conforama exploite 315 magasins, dont 224 en France (y compris 17 magasins sous enseigne Mon Lit et Moi, et 3 magasins Maison Depôt).

A l’international, il compte 91 magasins dans 7 pays (Espagne, Suisse, Portugal, Luxembourg, Italie, Croatie et Serbie). Il a réalisé un chiffre d’affaires (hors taxes) de 3,5 milliards d’euros en 2015/2016, et compte 14.000 salariés.