Confiture

Marie-Anne Lorgé / “De toutes les écoles que j’ai fréquentées, c’est l’école buissonnière qui m’a paru la meilleure” (dixit “Le Petit Pierre” d’Anatole France).

Toujours est-il que les matins de fin août ont une odeur singulière. Celle du dahlia – et du peuplier déjà jauni. Celle «De toutes les écoles que j’ai fréquentées, c’est l’école buissonnière qui m’a paru la meilleure» (dixit Le Petit Pierre d’Anatole France).

Toujours est-il que les matins de fin août ont une odeur singulière. Celle du dahlia – et du peuplier déjà jauni. Celle du cartable aussi. Avec cette curieuse sensation de n’avoir jamais autant besoin de vacances que lorsqu’on en revient.

Après des journées à se convaincre de n’avoir rien à faire si ce n’est d’avoir toute la journée pour le faire –, il faut se remettre à l’ouvrage, arranger/rassembler ce qui était décousu, en suspension ou en vrac. Reprendre pied dans l’horaire et défroisser les accessoires qui aspirent les bruits du monde comme du buvard.

Mais un peu de répit encore. Du temps à goûter les vertus du silence… et des confitures. Alors, d’abord récupérer des petits pots – ceux des déjeuners des automnes passés –, saliver devant la pulpe des prunes – tellement mûres que la chair perle en se détachant du noyau –, puis s’essayer aux gestes oubliés, aux recettes – sucre bien dosé – qui anticipent le plaisir de la cuillère.

Au final, c’est bien connu, la confiture n’est bonne que s’il faut monter sur une chaise pour attraper le pot dans le placard. Partant de là, il en va de cela comme du rêve (ou de la culture?), plus on y goûte plus on en reprend.