Commission européenne / C’est la meilleure

Jérôme Quiqueret / Le 4 septembre, la médiatrice européenne a rendu un avis cinglant sur la nomination expresse du directeur de campagne puis de cabinet du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

En une journée, le 21 février 2018, Martin Selmayr était devenu secrétaire général adjoint puis secrétaire général, au terme d’une procédure qui, selon la médiatrice, recèle quatre cas de mauvaise administration. Ainsi, Emily O’Reilly note que la procédure de sélection du secrétaire général adjoint était non seulement fantoche mais non exempte de conflits d’intérêts, tandis que la Commission a créé «un sentiment d’urgence artificiel» pour justifier l’absence de publication de la vacance pour le poste de secrétaire général.

Le commissaire Oettinger, CDU et allemand comme Martin Selmayr, prétend et se réjouit que la médiatrice ne conteste pas la légalité de la procédure de nomination. Selmayr devrait rester à son poste, auquel nul autre n’a pu concourir.

Derrière cette fulgurante ascension, se cachent aussi les liens entre la CDU allemande, voire rhénane, et le CSV luxembourgeois. C’est d’abord l’eurodéputé CDU, Elmar Brok, qui avait présenté l’ancien responsable de Bertelsmann à Bruxelles à Viviane Reding qui, commissaire, l’avait intégré dans son cabinet en 2004, avant d’en faire son directeur en 2009. En 2014, alors que Reding redevenait eurodéputée puis rejoignait Bertelsmann, Selmayr se recyclait avec le candidat du PPE et futur président Juncker.