Un cimetière de déchets nucléaires aux frontières du Luxembourg ?

Ce matin, une vingtaine d’activistes de Greenpeace Belgique ont bloqué l’entrée principale du siège d’Engie Electrabel pour rappeler le principe du pollueur –payeur à appliquer pour les déchets nucléaires en Belgique.

« La menace que ce soit aux citoyens de régler la facture des déchets nucléaires est de plus en plus palpable » , s’inquiète Eloi Glorieux, expert nucléaire de Greenpeace Belgique. « Engie doit conserver l’entière responsabilité financière de ses déchets et le gouvernement belge doit imposer des garanties absolues afin que suffisamment d’argent soit disponible dès que nécessaire. »

Un rapport d’experts indépendants a récemment montré que le fonds Synatom n’offrait pas de garanties suffisantes.

Centre de stockage dans les Ardennes ?

Jusqu’à présent, l’ONDRAF avait toujours été en faveur du stockage géologique dans l’argile de Boom. L’ONDRAF mène des recherches depuis 30 ans dans la couche d’argile du sous-sol campinois (nord-est de la Belgique), notamment dans le laboratoire souterrain HADES. À la demande du gouvernement fédéral, l’ONDRAF vient changer sa stratégie et ne propose plus que le principe du stockage géologique, sans désigner l’argile de Boom comme roche hôte préférée.

« Cela signifie que, théoriquement, l’ensemble du territoire belge est à nouveau susceptible d’accueillir les déchets radioactifs de haute activité et/ou de longue durée de vie. Donc la couche d’argile d’Ypres et les couches de schiste dans les Ardennes – non loin du Luxembourg – ne sont pas exclus pour accueillir ces déchets hautement radioactifs », déclare Roger Spautz, expert nucléaire de Greenpeace Luxembourg.

« Il n’existe en fait aucune solution assez sûre aujourd’hui pour gérer les déchets nucléaires à long terme. Or, nous ne pouvons pas emprisonner les générations futures dans les limites de nos connaissances actuelles” , plaide Eloi Glorieux. “La priorité doit donc être de sécuriser le stockage temporaire et de garantir l’application du principe que le pollueur paye. Et, ici, le pollueur, c’est Engie. »

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