Chaleureuses félicitations

Jacques Santer, ministre d’Etat honoraire, ancien président de la Commission européenne /C’était sans doute une gageure, voire un pari sur l’avenir, que d’avoir créé il y a vingt ans un périodique francophone dans un paysage qui comptait déjà une forte densité de publications quotidiennes ou hebdomadaires.

Les initiateurs d’alors peuvent aujourd’hui se prévaloir d’avoir gagné leur pari. Ils ont réussi à cibler une lacune que les lecteurs luxembourgeois et étrangers souhaitaient voir être comblée.

En fait le Luxembourg était un pays, le seul d’ailleurs dans l’Union européenne à l’exception de la France bien sûr, qui est partie intégrante de la Francophonie et dont la langue française est, qu’on le veuille ou non, la première langue administrative. Un hebdomadaire francophone s’imposait.

La communauté française résidant à Luxembourg n’est-elle pas, après celle du Portugal, la communauté la plus importante sans compter les frontaliers venant des communes limitrophes de la France et de la Belgique?

Le Jeudi a le mérite d’avoir contribué à former un tissu favorisant l’intégration des résidents de la langue française dans notre petite communauté nationale.

Du fait qu’il couvre l’ensemble du spectre politique, économique et culturel, il donne une image complète de notre pays à une époque où ce dernier accomplit avec succès une mutation profonde à la fois sur le plan économique et sociologique.

Ayant quitté le pays en 1995 pour devenir président de la Commission européenne, Le Jeudi fut pour moi, éloigné de la vie active et partisane du Luxembourg, un condensé hebdomadaire de l’actualité luxembourgeoise.

Paraissant précisément le jeudi, Le Jeudi me laissait le temps d’en prendre lecture pendant mon trajet de Bruxelles à mon domicile à Luxembourg.

Ayant assisté durant ma longue vie politique à la célébration de beaucoup d’anniversaires d’associations diverses, je me rappelle avec un certain sourire que, traditionnellement, l’orateur terminait sa laudatio par les termes suivants: «Vivat, crescat, floreat.»

C’est par ces mots que je voulais féliciter les initiateurs, promoteurs et journalistes du Jeudi. Qu’ils restent à la pointe du progrès et continuent à être un ciment de notre démocratie dans un monde qui est en plein mouvement.