C’est pas du jeu

Marie-Anne Lorgé / Novembre «est sombre mais il va vers la lumière». Celle des bougies, des ampoules du

décor de l’Avent ou autres diodes électroluminescentes censées allumer nos yeux à l’exemple d’enfants devant des coffres à jouets, ceux-là que décembre a par tradition le privilège de remplir.

Flash de saison. Enfant, j’ai souvent dévalé joyeusement les escaliers de la maison en patins à roulettes. C’est qu’à l’âge (pas toujours si) tendre, on a l’art d’«en faire voir de toutes les couleurs» – encore faut-il distinguer les bêtises minuscules plurielles de LA bêtise dans son expression la plus parfaite, dont la couleur est indéfinissable mais qui se

remarque d’autant mieux que la période est mangée par les ombres. En fait, depuis la nuit des temps, les ombres tentent le diable.

Elles jouent avec le feu, celui de la chandelle qui éclairait les parties de cartes du XVIe siècle – l’électricité n’existant pas encore, il fallait vraiment se prendre au jeu pour consentir à allumer la mèche, jauger le gain de plaisir par rapport au coût du suif consumé. Aujourd’hui, la chandelle est morte, les règles du jeu aussi.

C’est simple comme un jeu d’enfant, dit-on. Sauf que les enfants ne jouent pas: ils

vivent. En tout cas, mon petit voisin n’aime pas perdre. Ce n’est pas qu’il triche, non,

il s’amuse… à empêcher son frère de gagner. Qu’en pense saint Nicolas?