Centrales nucléaires belges: l’Allemagne rassurée « pour le moment »

La ministre de l’Environnement allemande s’est dite rassurée « pour le moment » sur le dossier sensible de l’état des centrales nucléaires belges, lors d’une visite lundi à Bruxelles où a été décidée la création de groupes de travail communs.

« Pour le moment je suis rassurée, on va voir », a déclaré Barbara Hendricks après une rencontre avec le ministre belge de l’Intérieur Jan Jambon, au cours de laquelle elle a fait part des inquiétudes de l’Allemagne concernant l’état des centrales de Doel et Tihange, proches des frontières.

« La Belgique a assuré que les experts vont répondre au catalogue des questions du gouvernement allemand en février, et en mars on va se rencontrer dans un groupe de travail ad hoc au niveau des experts », a ajouté Mme Hendricks. De son côté, M. Jambon a promis – « comme il y a deux semaines avec les Pays-Bas » – de créer des inspections croisées entre les deux pays frontaliers.

La Belgique, qui a récemment prolongé de dix ans la durée de vie de plusieurs réacteurs ayant atteint la limite d’âge de 40 ans, cherche à apaiser les craintes de ses voisins – Pays-Bas, Luxembourg et Allemagne – en recevant des membres de leurs gouvernements.

L’inquiétude a gagné ces pays voisins de la Belgique après une série d’arrêts inopinés et d’incidents récents, qui ont affecté notamment deux réacteurs, Doel 3 et Tihange 2, relancés fin décembre après un arrêt de près de deux ans lié à des craintes sur leur sûreté en raison de fissures dans les parois de leur cuve. Les experts avaient donné toutes les garanties de sécurité après de nombreux tests mais des partis et associations écologistes allemands ont réclamé un renforcement des contrôles, voire une fermeture définitive de la centrale de Tihange.

Une pétition lancée sur le site spécialisée de l’ONG internationale Avaaz exigeant une étude transfrontalière d’impact environnemental de tous les réacteurs belges avait recueilli plus de 770.000 signatures à 18H00 lundi. Dans l’attente des conclusions de cette étude, les deux centrales devraient être fermées, selon les cybermilitants. Un petit groupe de militants antinucléaires a manifesté devant le ministère belge de l’Intérieur pendant la rencontre. Doel se trouve à 15 km du grand port d’Anvers.

La centrale de Tihange est elle située dans le sud-est de la Belgique, à près de 70 kilomètres de la frontière avec l’Allemagne, pays qui a décidé d’abandonner progressivement le nucléaire.

afp

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