Catalogne: les divisions menacent le gouvernement séparatiste

La coalition indépendantiste au pouvoir en Catalogne s’est retrouvée mardi en minorité, après un désaccord entre les deux partis la constituant qui met en danger l’exécutif régional présidé par Quim Torra.

Ces deux formations, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et Ensemble pour la Catalogne (JxC), sont divisées depuis des mois sur la réponse à apporter à la suspension ordonnée par la justice des six députés indépendantistes incarcérés ou en exil pour leur rôle dans la vaine déclaration d’indépendance du 27 octobre 2017.

ERC, partisan d’une ligne plus modérée, a accepté de désigner des remplaçants pour ses deux députés concernés tandis que JxC, parti de l’ancien président Carles Puigdemont, a refusé de le faire, réclamant que ses quatre députés suspendus de leurs fonctions puissent continuer à voter.

Mardi, ERC s’est alliée avec l’opposition pour éviter le vote des députés suspendus de JxC qui aurait exposé le président de la chambre régionale, Roger Torrent (ERC), à des poursuites judiciaires.

Le blocage du vote de Carles Puigdemont et des trois députés emprisonnés de JxC a mis en minorité les partis soutenant l’exécutif de Quim Torra, qui ne disposent plus que de 61 sièges sur 135.

Conséquence, les séparatistes ne sont pas parvenus à faire voter mardi des résolutions symboliques, défendant le droit à l’autodétermination de la Catalogne ou critiquant le roi Felipe VI. Face à ces divisions qui affleuraient depuis des mois, l’opposition au sein du Parlement catalan réclame déjà de nouvelles élections régionales, moins d’un an après les dernières. « Votre gouvernement prend l’eau et nous n’allons nulle part comme ça », a lancé la socialiste Eva Granados, opposée à l’indépendantisme. « Il n’y a pas de raison pour que cela affecte l’action du gouvernement (…) La législature doit aller de l’avant », lui a répliqué la porte-parole de l’exécutif, Elsa Artadi.

Malgré l’incarcération ou la fuite à l’étranger de plusieurs de leurs dirigeants, les séparatistes avaient remporté les dernières élections régionales du 21 décembre, convoquées par le gouvernement espagnol en réponse à la proclamation d’indépendance, et comptaient 70 sièges sur 135.

Mais ils ont perdu des élus depuis: quatre députés de la CUP, le plus radical des partis indépendantistes, ne soutenant plus le gouvernement et cinq élus qui ne peuvent voter à cause des poursuites de la justice.