Ça va mieux en le disant

C’est sans doute un effet de la chaleur qui, de façon fort étrange, règne en plein été: on nage en pleine confusion. Et la confusion n’est pas réputée particulièrement rafraîchissante. On entend en effet des gens très sérieux s’inquiéter des conséquences de la facture de la canicule. Il faut en réalité comprendre, les conséquences de la fracture de la clavicule. Il n’est donc pas inutile de rappeler que la fracture de la clavicule entraîne une impotence fonctionnelle partielle et la présence d’une douleur. Nous voilà prévenus.

Une des complications les plus redoutées du traitement de la fracture de la clavicule est l’algoneurodystrophie. Qu’on confondrait facilement avec le phénomène dit des algues bleues apparu au lac de la Haute-Sûre. Les algues bleues sont des cyanobactéries. Ce qui signifie que ce ne sont pas des algues. Et qu’elles sont rarement bleues. En tout cas, il s’agit d’une saloperie dont la prolifération est plus surement due à un stress environnemental qu’à l’influence de Matisse sur la nature.

En 2017, des chercheurs se sont demandé si des cyanotoxines ne seraient pas responsables de la mort de milliers de dinosaures et autres organismes durant l’époque tertiaire. Autrement dit, ces algues bleues qui ne sont ni des algues ni forcément bleues auraient réussi à terrasser des bestioles de plusieurs dizaines de tonnes. On n’ose imaginer leur impact sur des touristes pas plus épais qu’un petit orteil de diplodocus. Clavicule ou pas, l’heure est grave.

Des scientifiques ont calculé un point de rupture qui, s’il est franchi, déclencherait une réaction en chaîne infernale. « Un réchauffement de 2 degrés pourrait activer d’importants éléments de rupture, augmentant ainsi encore davantage la température, ce qui pourrait activer d’autres éléments de rupture par un effet domino qui pourrait entraîner la Terre vers des températures encore plus élevées. » Ils redoutent donc un phénomène qui s’aggraverait en s’autoalimentant. Il est assez facile de comprendre le principe de l’autoalimentation. Par exemple, tout le monde sait que plus il fait chaud, plus il y a de risques d’incendie. Plus il y a de risques d’incendie, plus il y a d’incendies. Et plus il y a d’incendies, plus il fait chaud. L’autoalimentation, ça n’est pas un McDrive, c’est plutôt un cercle vicieux.

D’ailleurs, Nicolas Hulot a déclaré solennellement: « Que chaque citoyenne, chaque citoyen, chaque responsable se pose la question pour savoir comment lutter contre le réchauffement climatique… ». C’est bête que ce type soit marchand de gels douche parfumés. S’il était ministre de l’Ecologie, il prendrait sûrement des mesures efficaces.

Il faut responsabiliser les citoyens et même les culpabiliser. Car enfin, si les Alsaciens fermaient leur robinet quand ils se lavent les dents, le réacteur de la centrale de Fessenheim n’aurait pas dû être arrêté en urgence pour cause de surchauffe dangereuse. Si les Portugais n’avaient pas la manie de faire griller des sardines, il ne ferait pas 47 °C et l’Algarve ne serait pas en train de cramer. Si les Espagnols n’avaient pas un regard de braise, leur pays ne serait pas calciné. Si les Grecs ne déclaraient pas leur flamme à tout bout de champ, si les Californiens ne s’allumaient pas des pétards, si les habitants de l’Oesling n’avaient pas dans le cœur le soleil qu’ils ont déjà ailleurs… la planète serait sauvée.

Quand on accuse l’activité humaine d’être responsable des changements climatiques, il s’agit bien sûr de l’activité de chacun d’entre nous. Des gens, quoi. En aucun cas de l’activité économique, de l’utilisation mercantile d’énergies fossiles, de l’influence des lobbies industriels. Tous ceux-là créent de la richesse. Les gens créent des problèmes. Mais aux apprentis sorciers cupides et irresponsables comme à Hulot, l’avenir risque de rappeler une évidence: qui trop embrase mal éteint!