Budget italien: Bruxelles salue le « changement de ton » de Rome

President of the European Commission Jean-Claude Juncker

La Commission européenne a salué lundi le « changement de ton » de la coalition populiste au pouvoir en Italie sur son budget 2019, mais attend toujours un effort « significatif » de sa part pour revenir en conformité avec les règles de l’UE.

« Il est positif que le ton des discussions ait changé (…) Mais un ajustement significatif du budget 2019 est également nécessaire », a affirmé le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, à son arrivée à une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. « Nous attendons maintenant des avancées concrètes côté italien », a ajouté le commissaire letton, qui s’est entretenu dans la matinée avec le ministre italien des Finances, Giovanni Tria.

La Commission européenne a rejeté le 23 octobre le projet de budget italien, qui prévoit officiellement un déficit à 2,4% du PIB, bien plus élevé que le chiffre attendu et en dehors des clous européens. Elle avait ensuite ouvert la voie à des sanctions contre Rome, estimant « justifiée » l’ouverture d’une « procédure de déficit excessif » fondée sur une dette trop importante. L’Italie affiche le ratio d’endettement le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce (131% du PIB). Bruxelles pourrait officiellement proposer d’ouvrir cette procédure dès le 19 décembre, selon une source européenne. Les Etats membres devront ensuite se prononcer sur le sujet début 2019. Si l’Italie ne se conformait toujours pas aux règles, les éventuelles sanctions financières pourraient tomber cet été. Rome, qui semblait inflexible jusqu’à un dîner le 24 novembre à Bruxelles entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a depuis montré des signes d’ouverture, sans renoncer toutefois aux réformes décidées (revenu de citoyenneté, départ en retraite facilité, etc.). « Nous faisons des progrès dans nos discussions avec les autorités italiennes », a souligné lundi le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, notant « un changement de méthode » de la part des autorités italiennes. « Nous allons à la fois continuer le dialogue, inlassablement (…) et en même temps continuer à préparer les décisions », a-t-il insisté. Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a, lui, jugé l’approche de la Commission « sage et précise ». « J’ai eu une conversation avec Rome il y a quelques jours et j’ai trouvé que la volonté de chercher un consensus est grande. C’est la bonne attitude », a-t-il dit.