Brexit: l’UE « ne veut pas construire un mur avec le Royaume-Uni », assure Donald Tusk

L’Union européenne ne souhaite pas ériger « un mur » la séparant du Royaume-Uni après le Brexit, même si leur divorce conduira de manière inévitable à desserrer leurs liens, a déclaré mercredi le président du Conseil européen Donald Tusk.

« Nous ne voulons pas construire un mur », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Luxembourg, où il a présenté sa vision de la future relation avec Londres.L’UE « souhaite que le Royaume-Uni devienne un ami et un partenaire proche et entamera les pourparlers sur l’avenir avec un esprit ouvert et positif », a-t-il ajouté. « Mais étant donné les lignes rouges du Royaume-Uni, seul un accord de libre-échange est possible » et « ce sera le premier accord de libre-échange de l’histoire à desserrer et non à renforcer des liens économiques », a poursuivi le président de l’instance regroupant les dirigeants des 27. M. Tusk présentait devant la presse son « projet de lignes directrices sur le cadre de la future relation » avec le Royaume-Uni, dont la clé de voûte sera probablement un accord de libre-échange aux contours encore incertains. Le Brexit « conduira inévitablement à des frictions » commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni, étant donné le souhait britannique de quitter le marché unique et l’union douanière, met en garde le Conseil européen dans ce projet de directives de négociations, vu par l’AFP. Ce texte devra encore être approuvé lors d’un sommet européen les 22-23 mars à Bruxelles avant de devenir la position de l’UE. Les tractations sur les futurs liens commerciaux entre l’UE et le Royaume-Uni n’ont pas encore démarré, les discussions s’étant jusqu’ici concentrées sur la préparation du traité scellant le Brexit, avec de lourds dossiers comme la facture du divorce, le sort des expatriés et l’avenir de la frontière irlandaise.

Les guerres commerciales sont « mauvaises et faciles à perdre », répond l’UE à Trump

 

Le président du Conseil européen Donald Tusk a répondu mercredi directement à Donald Trump en déclarant que les guerres commerciales étaient « mauvaises et faciles à perdre », alors que le président américain menace de taxer les importations d’acier et d’aluminium.

Cette déclaration prend à contrepied l’affirmation de M. Trump que ces guerres étaient « bonnes et faciles à gagner ». « La vérité, c’est le contraire », a affirmé M. Tusk lors d’une conférence de presse à Luxembourg. « Pour cette raison, je pense fortement qu’il est désormais temps pour les responsables politiques des deux côtés de l’Atlantique d’agir de façon responsable ». Alors que la Commission présentait depuis Bruxelles sa stratégie de riposte contre les menaces de Donald Trump, Donald Tusk, qui préside l’instance regroupant les 28 dirigeants de l’UE, a annoncé un « débat extraordinaire » lors du prochain sommet organisé à Bruxelles, les 22 et 23 mars. « Il existe un risque de conflit commercial sérieux entre les Etats-Unis et le reste du monde, dont l’UE », a lancé M. Tusk en préambule de son propos. « Nous devrions avoir un objectif clair à l’esprit: maintenir en vie le commerce mondial et si nécessaire protéger les Européens contre des turbulences commerciales, y compris avec des réponses proportionnées en ligne (avec les règles) de l’Organisation mondiale du commerce », a-t-il souligné.

Quelques instants avant les déclarations de Donald Tusk à Luxembourg, la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström avait assuré qu’il n’y avait « pas de gagnants dans une guerre commerciale ».