Brexit / D’impasse en cul-de-sac

Jacques Hillion / Mais que veulent-ils donc de l’autre côté de la Manche? Rester? Partir? En fait, la seule impression qui ressort de la cacophonie actuelle, c’est que les Britanniques ne le savent pas encore, et leur classe politique encore moins! Dans le capharnaüm qui enveloppe le divorce annoncé, mais non encore conclu, le seul qui se fasse entendre quand il donne de la voix – lui au moins en a, contrairement à Theresa May qui, mardi soir, avait perdu la sienne –, c’est le speaker de la Chambre des communes, John Bercow quand il lance son: «As many as are of that opinion say « Aye »», suivi de son corollaire: «Of the contrary, « No »».

Si, d’ici, on peut apprécier cette forme qui n’est guère commune dans nos contrées, le débat proprement dit court, côté britannique, d’impasse en cul-de-sac. Et offre un spectacle affligeant dont on ne sait s’il est dominé par une conjonction d’ambitions personnelles ou d’idées qui relèvent plus de la croyance ou de la méthode Coué que de la raison.

A quelques semaines des élections européennes, il y a cependant une leçon à tirer de cette expérience britannique: les souverainistes, nationalistes et autres eurosceptiques n’ont d’autre idée que de démembrer l’Europe. Leur ambition s’arrête là. Le marasme que traverse le Royaume-Uni en est l’exemple. A contrario, il révèle combien les Etats européens et leurs économies sont imbriqués et que c’est l’Union européenne qui ne demande finalement qu’à être améliorée pour que les citoyens puissent s’y reconnaître.