Boys don’t cry / A propos de «masculinité positive»

Olivier Tasch / Lors du grand forum «Stand Speak Rise Up!», qui marque l’engagement de la Grande-Duchesse Maria Teresa pour mettre fin aux violences sexuelles dans les zones sensibles, aura surgi le concept de «masculinité positive».

C’est une des approches mises en avant pour mettre fin aux atrocités subies, très majoritairement par les femmes.

Ainsi donc, comme dans nombre de problématiques, l’éducation est au cœur de la solution. Il est notamment question d’éducation sexuelle, qui inculque les principes de respect et de consentement.

Il est aussi important de considérer hommes et garçons comme une partie intégrante de la solution bien plus que comme une part du problème. Ce dernier étant l’inégalité entre les femmes et les hommes et dont le viol, comme arme de guerre, est une des manifestations les plus extrêmes.

La «masculinité positive» est ainsi un processus nécessaire pour déconstruire des stéréotypes dangereux et nuisibles.

Le travail est essentiel tant les clichés ont la peau dure. Notamment celui qui voudrait que les hommes aient pour tâche de faire vivre leur famille, de protéger les femmes et, au passage, de faire étalage de leur force physique, de leur virilité.

Ce sont ces clichés qui défavorisent et empêchent même l’indépendance des femmes.

Le travail de déconstruction de stéréotypes passe non seulement par la dénonciation de ces clichés, mais aussi par un discours d’unité et sans ambiguïté des hommes qui pensent «autrement».

Un homme seul résiste difficilement à l’opposition et à la pression sociale. En revanche, un groupe d’hommes uni pour afficher clairement une autre manière de penser et d’agir permet d’infléchir la tendance et d’établir une nouvelle norme sociale.

Il faut commencer par s’opposer à l’idée que les hommes sont forcément violents. Non, la violence n’est pas innée mais acquise. Et rappeler au passage que si les femmes gagnent, les hommes ne perdent pas, bien au contraire.

Et quelles pourraient être cette nouvelle norme, ces valeurs positives qui fondent un homme, un vrai? L’honnêteté, l’intégrité, l’éthique au travail, le respect des autres, par exemple.

La masculinité positive pourrait ainsi devenir la masculinité tout court, sans qu’elle soit forcément synonyme de domination.