Bonne année… Bons risques… / Сontrepoint

En ce début d’année, il est coutume de présenter ses meilleurs vœux pour l’année à venir. Mais peut-on également souhaiter d’excellents risques?

Après les réveillons, notre appétit a été mis à rude épreuve et il est temps de retrouver un équilibre alimentaire. Si un rééquilibrage alimentaire est bénéfique à notre santé physique, cette démarche est également transposable à la gestion de notre patrimoine financier, et ce d’autant plus que les tensions récentes sur les marchés financiers ont entraîné des niveaux de volatilité historiquement élevés. Le risque est de retour.

Le risque est-il bon ou mauvais?

C’est une question piège car la réponse est «les deux». Si une alimentation saine consiste à équilibrer les bons et les mauvais aliments, une bonne gestion de patrimoine repose sur une répartition entre les bons et les mauvais risques. Soyons positifs et commençons par le «bon» risque. Markowitz, Nobel d’économie en 1990, dans sa théorie moderne du portefeuille, lie le risque de marché à la performance. En d’autres termes, il a démontré qu’il n’y a pas de rendement sans prise de risques.

Ce couple rendement/risques de marché est illustratif et intuitivement transposable à d’autres types de risques. Ainsi, le bon risque est celui qui est identifié, contrôlé, documenté et valorisé afin de permettre à l’investisseur de prendre des précautions pour minimiser les pertes en cas de survenance du risque. Quels sont alors les «mauvais» risques?

Le mauvais risque est, d’abord, celui qui n’a pas été identifié, qui n’est pas contrôlé et celui pour lequel vous n’avez aucune estimation des pertes en cas de survenance.

A titre d’exemple, les risques liés au non-respect de la réglementation sont des risques non indemnisés qui doivent être réduits de façon significative par des mesures de mitigation adéquates.

Alors comment rééquilibrer nos risques?

Simplement, en les identifiant d’abord tous et en tenant compte du bon et du mauvais risque par rapport à son propre appétit aux risques.

Même si le climat financier est à l’incertitude, notre appétit aux risques ne doit pas forcément être minimisé. En effet, comme en nutrition où la variété est l’une des règles de base, la diversification est nécessaire pour permettre un bon équilibre des risques. L’objectif d’une bonne gestion des risques est d’éviter ceux qui sont non rémunérés et d’être récompensé de manière appropriée pour les risques pris.

Quoi que nous réserve cette année, connaissez vos limites, revoyez votre appétit aux risques, et assurez-vous qu’ils soient bien identifiés, contrôlés et mitigés. Pour 2019, risques il y aura, bons et mauvais…

Je vous présente mes meilleurs vœux de risk manager, pour que les bons risques soient à la hauteur de votre appétit et qu’ils vous rémunèrent à la hauteur de vos attentes.

Luc Neuberg

ALRIM