Bond

Le bond est un saut, on le sait. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Je vous invite alors, en cette fin d’été, alors qu’on parle du «bond technologique» de la Corée du Nord dans les journaux, au voyage de ce mot.

L’histoire française du «bond» commence au XIe siècle avec le verbe «bundir», qui deviendra «bondir» plus tard. Or, à ce moment-là, ce verbe signifie «résonner», «retentir». Il sort du latin «bombire» correspondant au français «bourdonner» et du substantif «bombus» parlant d’un «bruit sourd». On n’est pas loin de la bombe (revoilà l’actualité nord-coréenne).

Les Romains tiennent «bombus» du grec «bómbos» ayant le même sens. En remontant le temps, on arrive à une onomatopée provenant probablement de l’indoeuropéen («bub», «bumb») et imitant ce bruit sourd.

L’idée du saut naît au XIIIe siècle, quand l’impression sonore est remplacée par la visuelle. Soudain, les hauts et les bas qu’on entend deviennent des sauts. Et peut-être que c’est le verbe «rebondir» qui sert de passage d’un état vers l’autre. Ne perçoit-on pas du ballon qui rebondit à la fois les sons et les bonds?
Jean Portante