Bob Dylan est attendu au Luxembourg samedi

Pas un « bonjour », un « merci », ni un « au revoir » sur scène, mais une belle envie de faire revivre des standards du répertoire américain en mode crooner: le désormais prix Nobel de littérature Bob Dylan, de passage à Paris, n’en a pas fini avec la musique.

Avant de donner vendredi soir le premier concert de la Seine musicale, nouveau temple de la musique posé sur l’Ile Seguin, aux portes de Paris, Bob Dylan a fait étape jeudi soir dans un Zénith complet mais plutôt sage.

Que ce soit derrière son piano, le plus souvent, ou accroché à un pied de micro avec lequel il semble parfois esquisser quelques pas de danse, la légende de 75 ans semble encore bien s’amuser sous son chapeau blanc, pendant que des agents de sécurité font la chasse aux fans essayant de prendre des photos.

Avec ses cinq élégants musiciens, Dylan revisite les époques et les styles pendant 1h45. Il est évidemment question de folk, de blues ou de rock (avec au programme « Duquesne Whistle », « Blowin’ in the Wind », « Early Roman Kings », « Pay in Blood », « Tangled Up in Blue » ou « Ballad of a Thin Man »). Mais le jazz fait désormais partie de son univers, le chanteur prenant désormais particulièrement plaisir à revisiter certains standards américains des années 30 à 50, sa voix rocailleuse affichant une belle profondeur sur des morceaux comme « Stormy Weather », « All or Nothing at all » ou « Autumn Leaves ».

Ces chansons écrites avant l’avènement du rock’n’roll, popularisées par Frank Sinatra ou Nat King Cole, nourrissent les trois derniers disques en date de la star, dont l’imposant « Triplicate » paru en mars. C’est donc paradoxalement les chansons des autres que Dylan semble désireux de mettre en valeur au moment où les siennes lui ont valu l’an dernier un inattendu prix Nobel de littérature, récompense à laquelle évidemment le taiseux chanteur américain ne fait aucune allusion sur scène.

Bob Dylan, après plusieurs mois de suspense, a reçu son prix Nobel début avril, en catimini, à l’occasion du lancement à Stockholm de sa nouvelle tournée européenne.

À la surprise générale, le chanteur, de son vrai nom Robert Allen Zimmerman, avait été récompensé en octobre « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », selon les attendus de l’Académie.

Après son concert à la Seine musicale, vendredi, il est attendu au Luxembourg samedi puis à Anvers, en Belgique, lundi, avant l’Allemagne puis la Grande-Bretagne.

afp