BILLET Retour

On a tous envie de tourner la page. Celle d’une année harassante, tragique aussi. Et donc, à chacun son mode opératoire, du repos ascétique à la ruée vers l’or balnéaire.

A sa dernière ligne droite, l’été échange les photos et les souvenirs – si possible embellis –, histoire de garder le moral bronzé, de prouver qu’on a été heureux… et d’embêter les autres qui sont restés à quai.

En fait, chacun, paraît-il, rêve du retour plus que du départ. Ah, garder un goût de sel sur les lèvres, la gratitude d’un jour qui se lève et réintégrer un quotidien ragaillardi, comme l’eau renouvelée d’un bocal!

Que tout aille mieux, donc: revenir autre, ou autrement. Mais c’est là que le pneu crève. Qu’un grain de sable grippe le vœu estivant. Non seulement on n’a pas oublié son numéro de téléphone – on se l’était pourtant promis –, mais on rentre fourbu – la faute (en vrac) aux enfants, aux coliques, au jetlag…

Alors, tourner la page, c’est une envie prise au pied de la lettre, du 25 au 27 août, au Théâtre de Namur, lieu de la 5e édition de l’Intime Festival, un rendez-vous littéraire initié par le comédien Benoît Poelvoorde, convaincu que «le livre est quand même aussi là pour vous faire avancer, réfléchir ou tout au moins pour rendre les choses supportables». Avis à tous ceux qui ne sont pas revenus de tout.
Marie-Anne Lorgé