Billet Caillou

Août sème des orages, mais c’est surtout le mois le plus généreux en nuits d’étoiles – d’ailleurs, le pic d’activité de l’annuelle pluie de poussières de comètes, les Perséides, est attendu autour du 12. Ils ont donc beau se perpétrer de nuit, les songes cherchent toujours une part de lumière… Et se balader dedans, des heures durant, est l’une des plus belles permissions de l’été.

A défaut d’être un voyageur intersidéral, convaincu ou non d’un jour décrocher la lune (où, du reste, il est impossible de cuire un cake), on peut… mettre un pied devant l’autre. Sur une route sans retour. Ou sur un chemin qui tourne en rond – il paraît, les touristes se bousculant désormais sur «le» Compostelle, que le pèlerin finit par se sentir totalement décalé ou perdu: il récupère donc au final ce qu’en marchant il voulait fuir au départ, ce qui est tout de même un comble.

Postulons que la chaussure ne soit ni neuve ni trop usée. Il suffit d’un petit caillou y logé pour que le parcours s’en trouve gâté. Il y a les râleurs, ceux qui se trompent de solution (incriminer la chaussette plutôt qu’ôter le godillot) et d’autres… qui persistent à avancer en claudiquant.

Sur la longue distance des jours, les siens et ceux du monde, le caillou prend toujours un x au pluriel. Censés contrarier ou éprouver, il en est aussi qui, s’entêtant à baliser, brouillent les pistes.
Marie-Anne Lorgé