Besoin de contact

Mieux insérer les personnes en situation de handicap dans les entreprises

Au-delà des aides et des quotas, la clé pour une meilleure intégration des handicapés dans le monde du travail passe par l’accueil et la formation.

L’intégration des personnes en situation de handicap au monde de l’entreprise est une réalité. Les textes prévoient différentes aides pour les entreprises afin de favoriser une intégration ou réintégration professionnelle.

490_0008_10855450_handicap_aOn pourra citer l’attribution d’une participation au salaire – participation variable dans le temps et dont le montant, lui aussi variable, peut aller jusqu’à 100% dudit salaire –, la participation aux frais de formation, l’octroi d’une prime d’encouragement ou de rééducation, la prise en charge des frais relatifs à l’aménagement du poste de travail ou de l’accès au travail, la participation aux frais de transport ou la mise à disposition d’équipements professionnels adaptés. En outre, le travailleur handicapé a droit à six jours de congé supplémentaires, à la charge de l’Etat. Les textes prévoient également des quotas: 5% pour l’Etat et les entreprises publiques, 2% pour les entreprises employant entre 25 et 50 salariés, 40% au-delà. Et toute entreprise, quelle que soit sa taille, devra compter dans ses rangs au moins une personne en situation de handicap.

[cleeng_content id= »658519064″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Pour Patrick Hurst, président de l’association Nëmme Mat Eis! (traduire par «pas sans nous!») – une asbl fondée en janvier 2011 par un collectif de personnes en situation de handicaps afin de promouvoir les principes de la vie auto-déterminée (independant living) et la pleine participation aux activités sociales et économiques des personnes en situation de handicap –, les quotas, s’ils sont une bonne chose, ne font pas tout pour intégrer à la vie professionnelles les handicapés.

«Au-delà des textes et dispositions existantes, ce que veulent les handicapés, c’est avant tout être au contact des différents collaborateurs. La meilleure façon de s’intégrer, c’est par le contact avec les autres.»

Un contact qui, pour Patrick Hurst, débouchera sur une sensibilisation plus globale des dirigeants et des collègues à la problèmatique du handicap. Et si on lui parle des problèmes concrets que rencontrent les handicapés dans leur vie professionnelle quotidienne, les problèmes pratiques ne sont pas pour lui les principaux. A ce niveau-là, on gère des cas particuliers inhérents aux handicaps des uns et des autres.
 
Satisfactions partagées

Ce qui le préoccupe, c’est le niveau de formation. «C’est bien beau d’avoir les quotas, mais si les handicapés ne remplissent pas les conditions nécessaires en termes de compétences pour accéder à l’emploi, ils ne servent à rien.» Et de poursuivre: «La plupart d’entre eux ont poursuivi des études dans des institutions spécifiques à l’étranger, soit ont été scolarisés au sein de l’éducation différenciée. L’idéal pour eux serait d’être intégrés dans les cursus normaux afin de permettre une formation optimale propice à l’employabilité.»

Patrick Hurst pointe également du doigt l’orientation et le conseil actuellement dispensés par des gens n’étant pas suffisamment formés aux réalités objectives du handicap. Et il aimerait un meilleur suivi à ce niveau.

Il existe une autre revendication qui est remontée aux oreilles de l’association et qui émane des personnes travaillant dans les ateliers protégés (dont on estime le nombre à plus ou moins 1.000 personnes): être suffisamment accompagnées pour pouvoir quitter ce secteur «protégé» et entrer dans le monde de l’entreprise. Un souhait qui ne devrait pas effrayer ces dernières.

«La plupart des entreprises qui occupent des personnes handicapées nous disent qu’elles sont très contente de le faire. Ces salariés sont plus disciplinés, et parfois même plus productifs que les autres. Et toutes nous disent que cela est enrichissant au quotidien», indique Patrick Hurst.

Une vraie relation gagnant-gagnant.

Marc Fassone
 

[/cleeng_content]

PARTAGER
Article précédentVu à la télévision
Article suivantA l’eau!