Les bénévoles de la fondation Abbé Pierre collent des affiches à Metz

Des bénévoles et salariés de la Fondation Abbé Pierre ont collé des affiches dans les rues de Metz mercredi matin pour dénoncer les aménagements urbains qui empêchent les sans-abris de s’installer en ville, et leurs difficultés d’accéder à un logement.

« Au lieu d’empêcher les SDF de dormir, offrons-leur un logement décent », lit-on sur ces affiches de couleurs orange et noir, montrant le dessin d’un homme allongé. Les panneaux ont été collés sur des bancs, la devanture d’une banque, d’un magasin et d’un cinéma, dans le cadre d’une action menée par une quinzaine de militants de la Fondation.

Par cette action, démarrée à 7H00 mercredi, la Fondation entendait dénoncer les aménagements mis en place sur le mobilier urbain « pour empêcher les sans-abris de se poser, de s’allonger, de trouver un moment de trêve » et plaider pour « un accès direct des personnes à la rue à un logement », a indiqué Véronique Etienne, directrice de la fondation Abbé Pierre dans le Grand Est. « Dans notre système, on traite la santé, le logement, l’emploi… Alors que si on prend une personne dans son intégralité on peut faire un accompagnement global », a-t-elle ajouté, jugeant « inacceptable que dans la cinquième puissance mondiale, il y ait encore des sans-abris et qu’on peine à mettre en place les solutions qui existent ».

Selon la directrice régionale, la ville de Metz compte plus de 8.000 logements vides. « On sait qu’il y a des moyens de capter des logements à des coûts accessibles à ces personnes. Il faut leur faire confiance », a souligné Véronique Etienne. « Des commerçants mettent de l’huile, de l’eau ou de la farine » pour dissuader les sans-abris de s’installer, a raconté un homme de 29 ans, qui a vécu une « bonne dizaine d’années dans la rue », tandis que bénévoles et salariés collaient des affichent sur les grilles d’une propriété privée.

Le groupe a arpenté le centre-ville de Metz pendant une heure, sous la surveillance discrète d’une voiture de police. « Quand la nuit est chaude, pas mouillée, ils sont souriants, décontractés. Quand la nuit est humide et froide, qu’ils ont été virés, on les voit complètement défaits, cassés », a relaté Patrice Ravaine, bénévole retraité dans un accueil de jour fréquenté par quelque 150 personnes. « Je sens plus de résignation que de révolte », a commenté ce bénévole. La fondation Abbé Pierre prévoit plusieurs actions à Paris, Lyon et Marseille mercredi.