Bateau de migrants: Bruxelles appelle à un « règlement rapide » de la situation

La Commission européenne a appelé lundi à un « règlement rapide » de la situation de l’Aquarius, ce bateau avec 629 migrants à son bord secourus au large de la Libye et que l’Italie et Malte refusent de laisser débarquer dans leurs ports.

Elle s’est toutefois gardée de départager les responsabilités entre les deux pays dans cette affaire, renvoyant au flou du droit international sur ce point. « Nous demandons à toutes les parties concernées de contribuer à un règlement rapide afin que les personnes à bord du navire Aquarius puissent être débarquées en toute sécurité dès que possible », a déclaré lors d’un point presse le porte-parole de l’exécutif européen Margaritis Schinas, évoquant un « impératif humanitaire ». Le sort des centaines de migrants à bord de l’Aquarius –dont sept femmes enceintes, onze enfants en bas âge et 123 mineurs isolés– restait lundi l’enjeu d’un bras de fer entre Malte et l’Italie, qui refusent d’ouvrir leurs ports à ce navire affrété par une ONG française.

Selon un tweet de l’ONG SOS Méditerranée, « l’#Aquarius a reçu l’instruction du Centre de coordination des secours maritimes italien (IMRCC) de rester en stand-by à sa position actuelle, soit 35 milles nautiques de l’#Italie et 27 milles nautiques de #Malte ». La Commission européenne « a eu des contacts avec les autorités maltaises et italiennes au cours du week-end et ces contacts se poursuivent aujourd’hui », a précisé M. Schinas, ajoutant qu’il y avait pour Bruxelles « d’abord et avant tout un impératif humanitaire ». « La priorité des autorités italiennes et maltaises devrait être de s’assurer que ces personnes reçoivent les soins dont elles ont besoin », a-t-il ajouté.

Sur le plan des responsabilités respectives, la Commission européenne n’a pas pris partie dans le bras de fer en cours entre Malte et l’Italie, rappelant qu’elle n’avait pas de compétence en la matière. « Il s’agit d’une question de droit international », a dit devant la presse une autre porte-parole de la Commission, Natasha Bertaud, admettant qu' »en réalité la situation est tout sauf claire ». « Selon le droit international, la décision de l’endroit où un bateau devrait débarquer relève de la compétence du pays qui est en train de coordonner l’opération de recherche et de sauvetage », a-t-elle expliqué. Mais le droit international « ne précise pas que ce doit être le pays lui-même » qui ouvre l’un de ses ports, « tout ce qu’il donne, ce sont des critères pour orienter cette décision » du « port sûr » pour le débarquement. « Il y a un devoir de coopération en vertu de la législation européenne » entre les pays impliqués, a toutefois souligné la porte-parole, assurant que la Commission allait « investir tout (son) poids diplomatique pour que la situation trouve rapidement une issue ».