Barre à droite / Résultat des élections communales

Jacques Hillion / Au-delà des spécificités propres à chaque commune, l’électeur a voté à droite. La tendance est nette. Le CSV a aujourd’hui la plus forte assise locale. Il devance le LSAP, le grand perdant de la joute électorale du 8 octobre, alors qu’ils étaient au coude à coude. Certes, les socialistes ont de beaux restes. Mais la majorité absolue dans trois communes ne peut masquer la réalité d’un parti en perte de vitesse.

Regarder la moitié pleine du verre n’effacera pas la lente érosion qu’il connaît au plan national et qui, cette fois, se confirme au niveau communal. La chute du bastion eschois en est le reflet et accentue le malaise du projet social-démocrate.

La comparaison avec les pays voisins n’est cependant pas déterminante.

Visiblement, la question sociale n’est plus primordiale pour une part importante des électeurs.

En ce sens, le choix conservateur se présente comme une alternative que les sondages d’opinion mettent en évidence depuis 2014. En tout cas, il ne s’explique pas uniquement comme une revanche sur l’actuelle coalition gouvernementale qui aurait «volé» la place du CSV. Les législatives de 2018 apporteront la réponse à ce postulat.

En revanche, le fait que les libéraux, malgré des hauts et des bas, se maintiennent et que les Verts renforcent leur position est le reflet de centres de préoccupation qui se déplacent vers d’autres horizons.

Les valeurs traditionnelles de la gauche doivent ainsi se confronter à un enrichissement général de la population et une sécurité renforcée par la forte présence du fonctionnariat au sein de l’électorat.

La marge de manœuvre de la gauche s’en trouve d’autant plus réduite que sa politique s’adresse en partie à des personnes qui ne peuvent pas ou, plus grave, ne veulent pas voter. Cette fracture ne sera pas réduite de sitôt tant les avis convergent sur le refus du droit de vote aux étrangers.

Outre ses propositions qui ont été jugées attractives puisqu’elles ont recueilli un peu plus de 30% des suffrages, le CSV, tout comme les écologistes, a, d’une manière générale, su miser sur la jeunesse. Ces élections marquent ainsi l’éclosion d’une nouvelle génération qui doit faire ses preuves, mais qui a surtout les dents longues.

Un renouvellement politique qui laisse à penser que la bataille pour les législatives du 14 octobre 2018 démarrera rapidement et en force.