Optimisme, leasing financier et méfiance certaine envers les voitures écologiques. Le Grand-Duché ne suit pas toutes les tendances européennes.
Cette année, CVO (Corporate Vehicle Observatory) a pour la première fois analysé le marché du leasing automobile au Luxembourg. CVO – une initiative lancée en 2002 par Arval, une filière de la BGL BNP Paribas spécialisée dans le leasing de véhicules d’entreprises – fournit en statistiques et en informations neutres toutes les parties prenantes du marché.
Après des entretiens avec les responsables de flotte de quelque 300 entreprises au Luxembourg (600 heures d’échanges téléphoniques), le CVO retient trois facteurs spécifiques pour le marché grand-ducal.
[cleeng_content id= »793562134″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]10% des PME affichent un optimisme certain quant à l’agrandissement de leur flotte. Dans le reste de l’Europe ce taux n’atteint que 4%. 10% des grandes entreprises luxembourgeoises sont également optimistes. Une attitude qui correspond parfaitement à la tendance des grandes entreprises européennes.
Henri Boulan, le directeur de CSA (Conseil, sondage, analyse), qui a présenté le baromètre des véhicules d’entreprise précise que «la crise frappe moins lourdement les grandes entreprises. La tendance est donc positive». Selon Gerry Wagner, le président de la Fédération luxembourgeoise de loueurs de véhicules (FLLV), «le marché des véhicules d’entreprises connaît un essor indéniable. Alors que les immatriculations de voitures privées sont en baisse, celles des automobiles d’entreprise sont en hausse».
Autre particularité du marché luxembourgeois: le recours au leasing financier tant dans les PME (45%) que dans les grandes entreprises (38%). Pour les PME, l’avantage du leasing financier est évident: «Dans les petites et moyennes entreprises, c’est le patron qui gère son parc automobile lui-même. C’est donc une activité parmi d’autres. Le leasing financier lui permet de savoir exactement ce qu’il doit payer à la fin du mois», note Henri Boulan. Pour Robert Christophory, directeur général BNP Paribas Lease Group Luxembourg, «le leasing financier permet également aux patrons des PME, dont la flotte est un outil et non un objectif en soi, de garder des liquidités pour les investir dans l’entreprise. En effet, les banques ne demandent pas beaucoup de garanties et la TVA est comprise dans le loyer.»
Le TCO n’est pas un souci
Les PME européennes, elles, optent le plus souvent pour l’achat propre (48%). Les grandes entreprises choisissent entre l’achat propre (36%) et le leasing opérationnel (36%).
Cette dernière solution est d’ailleurs en hausse au Luxembourg, surtout dans les grandes entreprises qui disposent d’un salarié gérant le parc automobile. Cette forme de paiement permet de faciliter le volet administratif, car la société de leasing prend tout en charge, ce qui permet aux entreprises d’avoir un aperçu précis du coût total de l’utilisation (TCO, total cost of ownership) de leurs véhicules d’entreprise. Le TCO n’est d’ailleurs le critère le plus important que pour 18% des PME et pour 15% des grandes entreprises. 31% des grandes entreprises européennes, en revanche, considèrent que le TCO est le facteur le plus essentiel.
Ce peu de considération pour le coût total d’utilisation des véhicules induit d’ailleurs la dernière particularité: le manque d’initiative pour rendre la flotte plus écologique. Seuls 8% des grandes entreprises mettent l’accent sur les questions environnementales alors qu’elles sont 28% à affirmer que l’écologie fait partie de leurs principales préoccupations.
Ceci s’explique peut-être par l’importance qu’accordent les patrons luxembourgeois à la satisfaction de leurs employés. Car au Grand-Duché, le véhicule d’entreprise est souvent utilisé comme voiture privée par les salariés. Une service des entreprises visant à attirer une main-d’œuvre qualifiée dans la Grande Région.
Maurice Magar[/cleeng_content]



