La Commission voit des signes encourageants pour l’économie européenne
Pas de triomphalisme cependant, des dérapages budgétaires restent possibles. Pour le Luxembourg, les réglementations bancaires et la fin de la TVA sur l’e-commerce menacent la reprise.
Même si l’économie européenne semble avoir «amorcé une reprise au deuxième trimestre de l’année», la Commission revoit un peu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 par rapport à ses estimations du printemps dernier.
Elle annonçait alors, sur une base annuelle, que le PIB stagnerait dans l’UE et reculerait de 0,3% dans la zone euro. L’été étant passé, la Commission parle désormais d’un recul de 0,4% pour le PIB de la zone euro, l’Union dans son ensemble restant en stagnation.
[cleeng_content id= »531020642″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Mais 2014 s’annonce sous de meilleurs auspices. Alors que Bruxelles tablait sur une croissance de 1,3% dans l’UE et de 1% dans la zone euro, les chiffres sont désormais respectivement de +1,4% et de +1,1%. Et pour 2015, on atteindrait 1,9% de croissance dans l’Union et 1,7% dans la zone euro.
Des chiffres qui varieront cependant fortement d’un pays à l’autre, l’Allemagne restant la locomotive du continent. Une locomotive sous surveillance cependant, puisque la Commission veut ouvrir une procédure de déséquilibre sur l’excédent commercial allemand conformément à la nouvelle surveillance des déséquilibres macroéconomiques. Cet excédent ne peut plus être considéré comme normal, alors que l’excédent de la balance des comptes courants est supérieur à 6% depuis 2007, estime Olli Rehn, le vice-président de la commission chargée des Affaires économiques et monétaires et de l’Euro. Mais dans l’ensemble, celui-ci estime que l’Europe est de retour, «des signes de plus en plus nombreux indiquent que l’économie européenne a atteint un tournant. Les mesures d’assainissement budgétaire et les réformes structurelles entreprises ont été le point de départ de la reprise. Mais il est trop tôt pour crier victoire, car les taux de chômage restent inacceptables. C’est pourquoi nous devons poursuivre nos efforts de modernisation de l’économie européenne, afin d’assurer une croissance durable et la création d’emplois».
Et de s’attendre à une légère décrue du chômage, qui devrait s’établir à 10,7% dans l’UE et à 11,8% dans la zone euro d’ici à 2015, même si les écarts demeureront très importants d’un pays à l’autre, de 5 à 27% pour 2013. Le chômage n’est pas le seul souci du commissaire. Celui-ci craint que certains pays – dont la France et l’Espagne – voient leurs déficits budgétaires augmenter.
En 2013, les déficits devraient diminuer pour atteindre 3,5% du PIB dans l’UE et 3,1% dans la zone euro. Le ratio dette/PIB devrait continuer à augmenter pour atteindre un niveau record en 2014, à environ 90% dans l’UE et 96% dans la zone euro.
Du côté de l’inflation, l’heure est à la modération avec des taux proches de 1,5% dans la zone euro pour 2013 et 2014, et de 1,7% et 1,6% respectivement dans l’UE.
Le Luxembourg à la traîne
Dans ce tableau, le Grand-Duché est à la traîne. Une fois n’est pas coutume.
Après un recul de 0,2% du PIB en 2012, la croissance reprendra en 2013 à 1,9% avant de se tasser et d’atteindre 1,8% en 2014 et 1,1% en 2015.
La consommation privée devrait rester faible tandis que la profitabilité du secteur financier devrait encore reculer pour cause d’implémentation de nouvelles réglementations (Fatca, Bâle III…). La Commission se pose même la question de savoir si la Place peut rester le moteur de croissance du pays.
L’écroulement de 2015 est mis sur le compte de la perte des recettes de TVA liées au commerce électronique. L’impact de cette perte est estimé à 1,4% du PIB.
Sur le marché de l’emploi, le chômage va continuer à monter: 5,7% en 2013, 6,4% en 2014 et 6,5% en 2015.
En matière d’inflation, même si le Luxembourg reste plus inflationniste que ses voisins, les choses vont aller en s’améliorant progressivement. On passera de 1,8% en 2013 à 1,6% en 2015.
L’équilibre budgétaire est lui aussi sous tension. Malgré la politique de consolidation, la dégradation continue, relève la Commission. Le niveau d’endettement passera de 24,5% en 2013 à 28,7% en 2015, tandis que le déficit budgétaire restera au-dessus des limites autorisées par les traités: 6,7% en 2013, 6,8% en 2014 et 5,8% en 2015.
«A politiques inchangées», évidemment.
La nouvelle coalition n’aura pas beaucoup de cadeaux à mettre sous le sapin pour Noël.
Marc Fassone
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