Au Luxembourg, l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes s’établit à 8,6 %, selon Eurostat qui se base sur les chiffres de 2013. Pour comparaison la moyenne européenne se situe à 16,3%.
Le Luxembourg s’en sort mieux que la Belgique (9,8%), la France (15,1%) et l’Allemagne (21,6%), mais moins bien que l’Italie (7,3%)…
L’écart est calculé sur base de la rémunération horaire brute entre les hommes et les femmes au sein de l’économie et correspond à la différence moyenne entre les deux.
La Commission, qui publie ces chiffres, fournit quelques explications :
1. Les postes d’encadrement sont majoritairement occupés par des hommes. Dans chaque secteur, les hommes reçoivent plus souvent des promotions que les femmes et sont dès lors mieux rémunérés. Cette tendance se vérifie particulièrement aux postes les plus hauts, puisque parmi les directeurs généraux, moins de 3 % sont des femmes dans l’UE.
2. Les femmes supportent d’importantes tâches non rémunérées, telles que le travail ménager et l’éducation des enfants ou la prise en charge de proches, bien plus que ne le font les hommes. Les travailleurs de sexe masculin consacrent en moyenne 9 heures par semaine aux tâches ménagères et familiales non rémunérées, tandis que les femmes qui travaillent y consacrent 26 heures – presque 4 heures par jour. Le marché du travail reflète cette réalité, puisque plus d’une femme sur trois réduit ses heures de travail rémunéré pour travailler à temps partiel, ce que fait seulement un homme sur dix.
3. Dans l’ensemble, les femmes sont plus souvent absentes du marché du travail que les hommes. Les interruptions de carrière influencent non seulement le salaire horaire, mais également les futures rémunérations et retraites.
4. La ségrégation dans l’éducation et sur le marché du travail signifie que dans certains secteurs et emplois, les femmes sont globalement surreprésentées, tandis que dans d’autres, les hommes sont surreprésentés. Dans certains pays, les emplois à dominante féminine, comme l’enseignement ou la vente, offrent des niveaux de salaires inférieurs à ceux constatés dans les emplois à dominante masculine, même pour un même niveau d’expérience et d’études exigé.
5. La discrimination salariale, pourtant illégale, continue de contribuer à l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes.
L’écart entre homme et femme grimpe à 38,4% quand on prend en compte l’écart salarial global, qui correspond à la différence entre la rémunération annuelle moyenne d’un homme et celle d’une femme. La moyenne européenne est de 41,1%.
La faute à la rémunération horaire inférieure (voir ci-dessus), au fait que les femmes prestent moins d’heures de travail et qu’elles ont des taux d’emploi réduits (par exemple des interruptions de carrière pour s’occuper des enfants ou des proches).




