Grèce: Schäuble « confiant » quant à un accord à l’Eurogroupe

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé être « toujours confiant » pour l’obtention d’un accord lors de la réunion de l’Eurogroupe, qui permettrait à la Grèce d’obtenir de l’argent frais de ses créanciers.

« Je continue à être confiant sur le fait que nous arrivions à un résultat aujourd’hui sur le déboursement d’une nouvelle tranche » d’argent frais, a dit M. Schäuble, en arrivant à une réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg.

 

Athènes « optimiste » sur les chances d’un accord avec ses créanciers

 

Athènes se montrait « optimiste » jeudi sur les chances d’un accord avec ses créanciers, zone euro et FMI, qui lui permettrait d’obtenir non seulement de l’argent frais mais aussi des précisions sur un allègement de sa dette.

Les 19 ministres des Finances de la zone euro –l’Eurogroupe– se réunissent dans l’après-midi à Luxembourg, en présence de la directrice générale du FMI Christine Lagarde, dans l’espoir de relancer le troisième plan d’aide à la Grèce de 86 milliards d’euros, signé en juillet 2015 mais qui patine depuis des mois.

Le temps presse pour Athènes, qui doit rembourser en juillet plus de 7 milliards d’euros d’anciennes créances et a besoin qu’une nouvelle tranche d’aide lui soit versée. Mais la Grèce réclame aussi des mesures d’allègement de sa dette faute de quoi elle menace de faire capoter un éventuel accord, ce qui plongerait la zone euro dans le doute. Interrogé sur les chances d’un accord avant la réunion de l’Eurogroupe, le ministre grec des Finances Tsakalotos s’est contenté de se dire « optimiste », adoptant un ton bien plus modéré que celui des responsables grecs ces derniers jours.

De fait, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a affirmé peu après que la zone euro donnerait « plus de précisions à la Grèce et au FMI » sur les mesures d’allègement de la dette qui pourraient être accordées à la fin du programme en 2018. « J’espère que nous franchirons aujourd’hui une étape majeure », a-t-il déclaré. Mais « la réunion où nous prendrons des décisions finales sur la taille de l’allègement de la dette n’est pas aujourd’hui », a-t-il aussi prévenu, rappelant que « des mesures sur la dette » avaient déjà été esquissées « l’an passé ».

« J’espère que l’Eurogroupe va parvenir à une décision définitive qui aidera la Grèce (…) mais je ne peux pas anticiper le résultat », a pour sa part déclaré à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel.

– ‘Agneau à sacrifier’ –

Depuis des mois, l’équation reste la même: l’Allemagne exige que le FMI participe financièrement au plan d’aide, mais celui-ci ne veut pas le faire sans engagement des Européens à alléger la dette grecque (179% du PIB)… ce que Berlin refuse d’imaginer avant les législatives de septembre. Pour parvenir à un compromis, le FMI semble prêt, cette fois-ci, à temporiser par rapport à ses exigences.

Concrètement, il donnerait son « accord de principe » à sa participation au plan d’aide, acceptant de renvoyer à plus tard les discussions sur la dette, afin de satisfaire l’Allemagne. Mais il ne débourserait pas un centime tant qu’un allègement n’aura pas été formellement accordé par les Européens. Un tel compromis, c’est-à-dire sans aucune discussion sur un allègement de la dette, est jugé inacceptable par la Grèce, qui craint de voir retardé son retour sur les marchés d’emprunt.

Plusieurs responsables grecs s’en sont d’ailleurs pris ces derniers jours aux exigences de M. Schäuble, le ministre de l’Economie Dimitris Papadimitriou dénonçant par exemple jeudi dans le quotidien Die Welt une « stratégie » électorale de sa part.

« La Grèce devient l’agneau à sacrifier », a-t-il dit. « La Grèce a mené, au cours des deux dernières années, plus de réformes que l’ensemble des pays européens réunis », avait affirmé mercredi le Premier ministre grec Alexis Tsipras dans une tribune publiée dans Le Monde et Die Welt. « Nous avons fait ce qui nous incombait et (…) nous attendons que nos créanciers en fassent de même (…). Qu’ils respectent mon pays », avait-il ajouté. Dans l’espoir d’assouplir les positions de chacun, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire proposera à l’Eurogroupe de subordonner des mesures d’allègement de la dette aux performances économiques de la Grèce.

Si la croissance accélère, Athènes remboursera plus tôt que prévu; si elle ralentit, un allègement peut être accordé. En cas d’échec à l’Eurogroupe, la Grèce demandera à ce que la question de la dette soit portée au niveau des chefs d’Etat, en marge du sommet européen qui doit se tenir les 22 et 23 juin à Bruxelles.

afp