Art Work Circle, c’est quoi et ça marche comment?

Illustration: Art Work Circle

«Première plateforme luxembourgeoise en ligne dédiée aux artistes et aux amateurs d’art», Art Work Circle (AWC) existe depuis deux mois. Ce n’est ni un bazar ni une galerie. Mise au point.

Celui qui pilote cette plateforme – initiée par Guy Kerger, directeur de MindForest, conseiller en entreprise –, c’est Didier Damiani, historien et curateur, qui souffre de voir tant de jeunes artistes laissés sur le carreau – «après leurs études à New York ou ailleurs, ils ne trouvent pas où exposer à Luxembourg» – et qui refuse de réduire l’idée d’AWC à une rentabilité. «Notre but n’est pas de faire de gros profits», et pour cause, «on n’a pas de frais, ça ne nous coûte pas lourd, en tout cas moins que d’ouvrir une galerie en murs».
Ceci étant, «on vend des pièces uniques – des œuvres originales qui peuvent grimper à 5.000 ou 6.000 euros –, de la photo – en édition limitée – et des multiples – afin de répondre à toutes les bourses».
Mais, donc, la finalité n’est pas là, si AWC doit «casser le préjugé qui prétend qu’exposer ou vendre sur internet est moins valorisant», pour autant, «AWC n’est pas eBay», ceux qui se l’imaginent, proposant en l’occurrence des «trucs pourris», sont clairement déboutés.
Le travail d’AWC n’est pas non plus comparable à celui d’une galerie, déjà «parce que je ne fais pas de foire». Donc, pas de concurrence? «Moi, je vois ça comme un complément, du reste, les galeristes sont aussi des marchands.»
Au final, AWC, c’est quoi? Eu égard à «une scène devenue mature, avec plein d’artistes de qualité», mais face «à des structures en inadéquation – nombre trop réduit de galeries, manque d’alternance des directeurs et de prise de risque» –, AWC «est une autre voie. Qui explose les codes».

Chers amateurs

Alors AWC s’adresse à qui et comment ça marche? «Il s’agit donc d’un site qui donne une visibilité à la fois aux artistes, à leurs œuvres, et aux collectionneurs ou au grand public amateur d’art désireux d’acheter ces œuvres, ce, sur Luxembourg» – bientôt dans toute la Grande Région. «Ce qu’on offre, c’est la simplification de toutes les démarches, on s’occupe de tout, du contenu, de la communication, on fait des vidéos, des interviews, et tout cela, c’est un espace gratuit pour l’artiste – du moins, pour l’instant! –, il suffit de me contacter.»
«J’aime l’idée de la plateforme car c’est celle du podium d’où tu peux être découvert. Et AWC expose autant de stars que d’amateurs, car un amateur ce n’est pas quelqu’un de médiocre, c’est quelqu’un qui ne peut pas vivre de son art. Si tu ne donnes pas la chance à un artiste de développer son travail, alors c’est sûr qu’il ne deviendra pas bon. Et je ne pense pas qu’il y ait trop d’artistes, fût-ce au nom de la liberté: chaque artiste a le droit de créer mais à chaque artiste de se remettre en question, de faire évoluer son niveau.»
AWC, «ce n’est pas le site d’un curateur, c’est très ouvert, mais il faut un critère de qualité. Et c’est d’abord local. Prochainement, dans un espace particulier du site, j’aimerais aussi exposer des étudiants. Et puis, inviter des curateurs à proposer des coups de cœur…».
Du cœur, c’est sûr, il en a Didier Damiani. Qui conclut: «Maintenant, Luxembourg a les ressources pour ne plus se dire « trop petit » au niveau artistique…»

Marie-Anne Lorgé/ Le Jeudi

* Art Work Circle (Didier Damiani), 34 rue Michel Rodange, Luxembourg. Tél.: 43.93.666.798 et www.artworkcircle.lu