Marc Fassone / Le Grand-Duché menacépar le changement climatique
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Le sidérurgiste entend profiter de la reprise de la croissance et de la demande mondiale. Mais cela risque de coincer en Europe.
Et donc au Luxembourg.
On n’en est pas à parler de reprise pérenne de l’activité au Grand-Duché mais l’année qui s’achève est, selon les dires d’Alex Nick, head of country Luxembourg – poste où il a succédé à Michel Wurth désormais président du conseil d’administration d’ArcelorMittal Luxembourg –, «la meilleure depuis l’arrêt du site de Schifflange en 2011».
Le sidérurgiste aura expédié 2,1 millions de tonnes d’acier sur l’année.
[cleeng_content id= »710947886″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]La palme de la productivité revient au site de Belval où le laminoir a produit 800.000 tonnes.
Le site de Bissen, spécialisé dans la production de fils pour la viticulture, se porte bien aussi. Sa production a progressé de 10%, à 121.000 tonnes.
Le site de Rodange, pour lequel le groupe a investi afin de le spécialiser dans les rails de tramway, reçoit des commandes de différents pays dont la Bulgarie (25.000 tonnes de rails à gorge). Alex Nick espère arriver à une production en vitesse de croisière de 45.000 tonnes par an. Le tram de Luxembourg est en effet très attendu…
Enfin, les aciers innovants produits pour l’automobile à Dudelange marchent également très bien.
Deux sites traînent cependant la patte: Bettembourg où se fabrique du fil pour les panneaux solaires – une industrie qui a quasiment disparu d’Europe – est en état de surproduction et Schifflange dont l’arrêt des activités est confirmé pour cause de surcapacité. L’arrêt de mort de ce site emblématique n’a pourtant pas encore été signé.
Source constante d’interrogation, l’attachement d’ArcelorMittal au Luxembourg a été réaffirmé par Alex Nick. Chiffres à l’appui.
En 2014, le groupe a investi 36 millions au pays, soit 6 de plus qu’en 2013. Sur cette somme, 10 millions sont allés à la modernisation du Train 2 de Belval, site qui devrait à terme recevoir 35 millions de plus afin de retrouver un avantage compétitif pour les palplanches.
Il a également rappelé que le siège du groupe resterait bien au Grand-Duché. Après la vente du «Château» à la BCEE, le sidérurgiste est à la recherche d’un nouveau site en ville afin de regrouper les 1.200 personnes actuellement dispersées entre le Boulevard d’Avranches et la Cloche d’Or.
Climat et production d’acier
Pour autant, des zones d’ombre subsistent. La première est liée à la modeste reprise en Europe, où la consommation d’acier reste inférieure de 25% à ce qu’elle était en 2007, avant la crise. Une Europe qui pèse encore malgré tout pour 40% des ventes du groupe.
Dans ce cadre, la maîtrise des coûts reste un impératif. Et il en est un qui est particulièrement dans le collimateur: l’énergie. A Belval, souligne Alex Nick, la facture énergétique est plus chère de 88% par rapport aux Etats-Unis, tandis que le gaz naturel y est 3,6 fois plus cher. Différentes pistes sont à l’étude pour remédier à cet état de fait, dont un nouveau partenariat avec CFL cargo.
Autre zone d’ombre, celle qui concerne les nouvelles mesures en matière de rejet de CO2 que souhaite appliquer l’Union européenne aux industriels. Et ce, de façon unilatérale, sans tenir compte de ce qui se fait dans d’autres régions du monde. Avec, à terme, des réductions de quotas d’émissions. Des mesures jugées disproportionnées: «même l’usine la plus moderne au monde ne peut pas répondre aux exigences européennes».
Alex Nick estime que ces mesures devraient impacter les comptes du groupe à hauteur de 2 milliards de dollars par an. Beaucoup trop pour un groupe qui commence à peine à retrouver son équilibre financier.
Pour lui, à ce rythme, c’est la pérennité de la production de l’acier eu Europe qui est menacée. Et donc au Luxembourg, où quasiment toute la production est destinée à l’exportation. Il n’en dira cependant pas plus, évoquant toute juste de façon générale des délocalisations inévitables.
ArcelorMittal compte actuellement 4.559 salariés au Luxembourg, dont 271 en cellule de reclassement. Le groupe pense recruter près de 40 personnes cette année, principalement dans des fonctions de maintenance. Quant aux 50 personnes employées sur le site de Betttembourg, si celui-ci devait disparaître, les reclasser sur d’autres sites ne serait pas un problème.
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