Ah, mentir!

Marie-Anne Lorge /Matin brumeux, soir frileux, entre les deux, des pommes et des yeux qui coulent. Vive le vent.

C’est octobre. «Un mois particulièrement dangereux pour spéculer en bourse. Mais il y en a d’autres: juillet, janvier, septembre, avril, novembre, mai, mars, juin, décembre, août et février», (dixit Mark Twain).

En tout cas, c’est octobre. La nature le sait – qui se meurt en couleur. Les poètes adorent, les autres s’en fichent. Disons que ce qui les distrait jaunit non dans l’arbre mais sur la langue. Plus elle fourche, plus elle se change en or – la faute aux deux parfums de ce rêve, le foot et la bagnole, qui aime ce qui brille.

Le mensonge se porte donc plutôt bien. Il flotte comme un drapeau, sur les mers, les terres, les hommes, les enfants aussi – sauf que ceux-là, à qui l’on a dit de faire leur valise, savent que ce ne sera pas pour des vacances.

Gageons même que «si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d’un expert disant que la chose est impossible».